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Par
Sébastien Chauveau


05/03/2003

La formation continue : une voie lente mais diplômante

Ils ne sont pas tombés dedans étant petits. Pour Christian Maudet et Mylène Favreau, l´informatique est arrivée tard dans leur vie professionnelle. Chacun d´eux a suivi une formation continue. Portrait de deux autodidactes reconvertis aux joies du clavier et de la souris.

Il avait soif de connaissances. Elle cherchait à relancer sa carrière professionnelle. Christian Maudet, trente-six ans, et Mylène Favreau (photo), quarante-quatre ans, sont aujourd´hui respectivement un cadre et une technicienne issus de la formation continue. Après plus de dix années passées à jongler entre cours du soir et du jour, télé-enseignement et révisions sans modération, lui occupe un poste d´ingénieur, expert international pour le groupe Thales (ex-Thomson CSF). Quant à Mylène, récemment diplômée, elle recherche à présent un emploi dans le secteur de la vente, de l´installation ou du dépannage d´ordinateurs.

Des parcours faits de rebondissements

Tout commence dans le milieu des années 1980. A l´époque, Christian Maudet (photo) enchaîne les petits boulots. C´est un autodidacte. Puis vient une période de chômage, au cours de laquelle l´Agence nationale pour l´emploi lui propose de se remettre sur les rails. "Suite à ma terminale scientifique, je voulais m´orienter vers les Eaux et Forêts", se souvient-il. "Je voulais être garde forestier. Mais n´ayant jamais été encouragé pour faire ce métier, j´ai laissé tomber." Comme pour Christian, le parcours scolaire et le début de carrière de Mylène sont faits de rebondissements. Titulaire d´un baccalauréat de microbiologie, elle travaille quelque temps en laboratoire. Puis met le cap sur la restauration, secteur dans lequel elle reste une dizaine d´années. Avant de donner, pour son propre compte, un nouveau coup de barre vers la couture et le modélisme. "J´ai toujours aimé travailler avec mes mains", précise-t-elle. "La microbiologie, c´est un peu de la cuisine, la couture et le modélisme, du travail artistique et l´informatique, de la mécanique !".

De niveau bac à bac+5

Pendant que Christian Maudet attaque ses premières formations en informatique, Mylène Favreau élève ses enfants. Nous sommes au début des années 90. "Sans aucun goût particulier ni pré-requis pour ça, je me suis d´abord lancé dans l´automatisme et l´informatique industrielle", raconte-t-il. "J´ai donc suivi une formation de onze mois dans ce domaine, à l´AFPA, au terme desquels j´ai obtenu un diplôme de niveau Bac+2." Sitôt cette formation achevée, Christian s´occupe de la conception des cartes électroniques et de la mise en place de la CAO (conception assistée par ordinateur), chez le Thomson de l´époque. Il se passionne pour cette activité. "Là, je me suis découvert une véritable vocation", souligne-t-il. "Je suis allé très vite très loin dans cette spécialité."Au point d´être si performant qu´il envisage rapidement une évolution de carrière dans son entreprise. Mais son diplôme, acquis à l´AFPA, n´étant pas reconnu par son employeur, il doit intégrer le CNAM pour le faire valoir. Commence alors un véritable parcours du combattant. Christian accumule les titres (de niveau Bac+2 à Bac+5 : génie informatique, informatique d´entreprise, chef de projet et ingénieur) et gravit les échelons dans la spécialité électronique de défense. "Bien que mon salaire ait été multiplié par cinq, ce n´est pas seulement cela qui m´a motivé. Il faut autre chose pour vous faire étudier le soir après votre journée de travail, le samedi et le dimanche ou encore la nuit, pendant que votre entourage dort...".

Il y a deux ans, Mylène a également repris une activité. Quelques bribes de bureautique, un bilan de compétences et une formation "préparatoire" de trois mois à l´AFPA, et la voilà, en janvier 2001, parée pour suivre une formation d´assistante technicienne à l´utilisateur. "C´est un cursus très généraliste, de niveau Bac, et d´une durée de 11 mois. Ce qui nous permet de toucher à diverses phases du métier : l´analyse, la détection des pannes, le paramétrage, etc. C´est très intéressant", explique-t-elle, "d´autant que les perspectives d´emploi après ce genre de formation sont favorables. Mais le plus difficile a été pour moi de me remettre à étudier. Maintenant que j´y suis, je me verrais bien continuer un peu. Je me verrais bien formatrice, par exemple."


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