Ce sont 150 postes de travail que la Clinique Pasteur à Toulouse vient de faire migrer sous Linux. Outre son coût d´achat réduit, l´opération a permis de réduire considérablement le budget de la maintenance et du support technique interne.
On savait Linux peu cher à l´achat. Mais avec 150 postes de travail sous Linux, la Clinique Pasteur prouve désormais que les économies sont aussi au rendez-vous du côté de la maintenance et du support technique. Elle qui, en 2000, avait demandé un audit afin d´évaluer le coût réel de son informatique (lire notre article), n´a pas eu besoin de renouveler l´opération pour ses postes de travail sous Linux : "C´est inutile tellement le gain est évident en termes de coût indirect, qu´il s´agisse du déploiement, de l´administration ou même de la prise en charge des besoins utilisateurs !", reconnaît volontiers Philippe Grivart, chargé à l´époque de traquer les coûts informatiques cachés.
Le rêve de tout responsable informatique Sur le terrain, Linux séduit aussi les équipes opérationnelles : "C´est le rêve de tout responsable informatique : je peux déployer autant de postes de travail que nécessaire, sans aucun surcoût et ils sont immédiatement opérationnels. Et les postes sous Linux sont très fiables : nous n´avons connu que des pannes matérielles !", s´exclame avec le recul Denis Di Santo, administrateur systèmes et réseaux de la clinique toulousaine. Et de fait, depuis que l´établissement a remplacé ses antiques terminaux 5250 par 150 postes de travail sous Linux, autrement plus complexes, la charge de travail de l´unique technicien de support n´a pas changé pour autant. "Je ne pense pas que cela aurait été le cas si nous avions déployé 150 PC sous Windows !", plaisante Denis Di Santo.A l´origine de cette migration : le besoin de faire évoluer les 90 terminaux IBM 5250 de la clinique. Un projet critique, puisque ces derniers sont très utilisés : "la majorité de nos applications fonctionne sous AS/400, et les utilisateurs y accèdent depuis ces terminaux. Ils nous servent à tout, depuis la consultation des résultats d´examens jusqu´à la saisie des menus", précise le responsable informatique. A cela s´ajoute l´envie de simplifier l´architecture réseau de la clinique. "Nous avions deux réseaux en parallèle : un LAN Ethernet et le réseau Twinax des terminaux. La maintenance des deux était plutôt lourde", se souvient Denis Di Santo. Décision est alors prise de trouver un système capable d´offrir l´accès aux applications AS/400 via le protocole 5250, mais sur un réseau Ethernet... tout en s´ouvrant aussi aux protocoles du web, afin de pousser le développement de l´intranet maison.
Ne pas être dépendants d'un seul éditeur "Notre première idée était d´essayer des clients légers ou une solution client / serveur sous Windows. Mais les clients légers ne paraissaient pas vraiment mûrs, et la solution Windows nous semblait trop lourde. Sans compter que nous préférions si possible ne pas être dépendants d´un seul éditeur", explique Denis Di Santo. C´est finalement à la faveur d´un salon professionnel que la Clinique Pasteur rencontre la société toulousaine Aliacom, spécialiste de l´ingénierie Open Source. Aliacom avait en gestation un projet de postes de travail sous Linux, et la clinique avait un cahier des charges précis : la rencontre des deux a donné le poste Aliadesk. "C´est l´intérêt du Logiciel Libre : nous avons pu faire évoluer Aliadesk afin de l´adapter à nos besoins. Outre l´émulation 5250, nous y avons ajouté par exemple la capacité à visualiser des images médicales. Et nous pouvons ajouter ce que nous demandent nos utilisateurs, au fur et à mesure de leurs besoins", se félicite le responsable.Techniquement, Aliadesk repose sur une distribution Linux Debian 3 minimisée. "Tous les composants sont en Open Source, sauf deux : l´outil de visualisation des images médicales et l´émulateur 5250, pour lequel nous n´avons pas trouvé d´équivalent Libre assez riche", reconnaît Denis Di Santo. Pour le reste, on retrouve les classiques du Logiciel Libre : le navigateur / client email Mozilla et la suite bureautique OpenOffice.org. Le tout se présente sous la forme d´un CD-ROM qui installe sur le PC nu un Linux très réduit avec son support réseau. "Cela prend dix minutes, car le disque dur est reformaté. Ensuite, il suffit de redémarrer la machine, et elle se connecte automatiquement à notre serveur Maître où elle télélécharge et installe une image à jour du poste de travail complet", explique Denis Di Santo.
Installation à distance Pour le responsable informatique, cette installation à distance est l´un des aspects les plus enthousiasmants du projet, car elle facilite aussi largement l´administration : "Tous les postes de travail se connectent chaque jour au serveur central, et ils peuvent se mettre à jour automatiquement via rsync si nécessaire. Ainsi, nous sommes certains que chaque poste, partout dans la clinique, est identique à l´image que nous avons préparée. Si un utilisateur veut en modifier la configuration, elle sera écrasée le lendemain. Et si nous voulons changer les postes dans toute la clinique, il suffit de déposer un nouveau Master. Cela règle les problème de mise à jour, d´images Ghost sous Windows et de déploiement. C´est une économie de maintenance très appréciable", fait remarquer le responsable informatique.Aujourd´hui, la clinique continue à faire migrer vers Linux des postes de travail jadis sous Windows, après avoir remis sa messagerie à plat avec le serveur Libre Postfix et un annuaire OpenLDAP. "Cela nous a donné le virus de l´Open Source", reconnaît Denis Di Santo. Une tendance qui ne semble pas prête de s´arrêter là, tant les gains financiers sont importants : l´ensemble du projet a coûté à peine entre 15 000 et 20 000 euros. Une somme qui couvre l´étude, la création des Masters et l´architecture de mise à jour des postes et leur déploiement.
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