| La distance aidant, un projet informatique offshore peut rapidement se solder par un échec si le prestataire ne correspond pas aux attentes de l´entreprise. Les conseils d´un spécialiste pour ne pas se tromper.

Selon une récente étude du cabinet Pierre Audoin Conseil, près de 3% de la sous-traitance informatique française sera réalisée en mode "offshore" en Inde ou dans les pays d´Europe de l´Est à l´horizon 2004. Convaincu par ce modèle, vous souhaitez réaliser un premier projet offshore. Mais comment sélectionner un prestataire sans se tromper ? Comment s´assurer également que le projet sera livré à temps et qu´il sera conforme au cahier des charges ? Les conseils de Nicolas Goldstein (photo), consultant en développement offshore et fondateur du portail offshore-developpement.com.
1 - Sélectionner un pays Tous les pays ne fournissent pas le même niveau de prestation. Ma préférence va à l´Inde qui possède un réel vivier : chaque année 80 000 informaticiens qualifiés sortent de ses universités et centres de formation. Le grand choix de PME informatiques et les échos positifs des premières collaborations avec ce pays m´ont persuadé de le privilégier.
2 - Choisir un partenaire Pour choisir mes partenaires offshore je fonctionne d´abord par une pré-sélection à distance puis je les rencontre sur place. La pré-sélection peut s´effectuer uniquement par e-mail et téléphone dans un premier temps. En général, je sélectionne une demi douzaine de sociétés indiennes selon quatre critères principaux. Le premier est la compétence des équipes : il faut trouver une équipe qualifiée, efficace et motivée. Les produits déjà développés par l´entreprise et ses références clients vous permettent de juger du potentiel du prestataire. La certification (CCM, Iso, etc.) est également un élément important. Le second critère est le coût : la main d´oeuvre est normalement 40 à 50 % moins onéreuse qu´en France. Il faut donc toujours avoir cette proportion en tête pour éviter de payer trop cher la prestation. Le troisième critère est la réactivité : la rapidité de réponse à vos e-mails lorsque vous demandez un devis est un signe fort de la motivation de votre partenaire potentiel.
3 - Garder le contact Être en contact permanent avec son partenaire est également primordial pour suivre son projet à tout moment. J´utilise pour cela un outil de messagerie instantanée durant la fenêtre où le décalage horaire le permet. On peut aussi mettre à profit le décalage horaire pour faire un point quotidien à tête reposée et valider l´avancement du projet. Enfin, les références de votre prestataire potentiel restent un élément déterminant en offshore comme pour une collaboration avec un prestataire local. Elles vous permettent de connaître le niveau international de votre sous-traitant. Si l´entreprise travaille déjà avec les USA c´est un point positif car c´est le plus gros acheteur de prestations offshore. Le prestataire sera donc rôdé aux méthodologies adaptées à ce type de projet.
4 - Rencontrer le prestataire ou limiter les risques via un intermédiaire Une grille de critères, aussi précise soit-elle n´est cependant pas suffisante et il faut se rendre sur place pour constater "de visu" la fiabilité du prestataire offshore. Une entreprise sur deux donne de fausses informations lors de sa présentation par e-mail ou sur le web. La décision finale pour un partenariat à long terme passe donc essentiellement par un déplacement dans les locaux de votre partenaire. Bien entendu, un déplacement ne se justifie que pour un gros projet. Lorsque ce dernier est impossible pour des raisons de budget, mieux vaut alors faire appel à un spécialiste de l´offshore et puiser dans son pool de prestataires. Ce rôle de "filtre" est essentiel : il m´est arrivé lors de mon précédent voyage de m´apercevoir sur place qu´une entreprise n´était pas fiable pour cause de matériel obsolète ou de manque de personnel.
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