Après une période d´euphorie pendant laquelle les tarifs des services informatiques ont atteint des sommets, le marché revient progressivement à la raison. Entre temps, les SSII ont encaissé la plus grave crise qu´elles aient jamais connue. Avec pour conséquence une baisse très significative de leurs prestations.
Des projets plus touchés que d'autres par la baisse des tarifs Pour Dominique Lapère, directeur général en charge des services chez Arès, outre le fait que ce soit la plus grande baisse des prestations vécue par les SSII, "cette crise est surtout très particulière par l´ampleur qu´elle a pris : aucun profil n´a été épargné. Les clients n´ont pas fait la distinction entre les ressources humaines à valeur ajoutée (consultants, développeurs, etc.) et les compétences banalisées. Résultat, il a fallu pratiquer des réductions injustifiées sur des profils qui n´avaient pas forcément bénéficié de la hausse des tarifs engendrée par la bulle Internet. Aujourd´hui, leurs prestations sont vendues en dessous de leur seuil habituel".
Toutefois, Dominique Lapère estime néanmoins que les choses évoluent avec la reprise et ces profils qui disposent d´une véritable expertise (administrateurs de bases de donnée, réseau, etc.) sont les premiers à bénéficier du réajustement des tarifs. En parallèle, certaines catégories techniques tirent mieux leur épingle du jeu que d´autres. Il semblerait en effet que la reprise du marché profite mieux aux projets d´ERP, de CRM et de décisionnel ou encore des télécoms où la demande est légèrement supérieure à l´offre. Pour le cabinet d´analyse PAC (Pierre Audouin Conseil), le marché reprend timidement mais "en ce début 2004, les effets prix son toujours négatifs (ndlr : pour les SSII) et préoccupants. L´équilibre offre / demande n´est pas encore atteint".
Les SSII s'adaptent à une demande plus exigeante Enfin, autre conséquence de cette crise, la nature des projets et des contrats entre entreprises et prestataires évolue. Face à un marché encore frileux, les SSII sont contraintes par leurs clients à l´optimisation des coûts ou, en d´autres termes, à "faire plus avec moins". Après l´expérience des grands chantiers de l´An 2000, de l´euro, d´urbanisation et de refonte de leur système d´information, les entreprises se montrent également moins dépensières et surtout plus prudentes. Finis les projets d´envergure sur plusieurs années. Elles découpent les projets en missions et négocient les contrats par lots afin de mieux maîtriser leurs dépenses informatiques et avoir une plus grande visibilité sur le retour sur investissement. Un développement qui s´éternise dans le temps a toujours en effet de grandes chances de dérailler en termes de budget et de délais sans compter que, tant que l´application n´est pas opérationnelle, elle ne profite pas à l´entreprise...
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