Né il y a seulement quatre ans chez le précurseur RLX Technologies, le concept de serveur lame (ou blade server) consiste à mutualiser certains composants au sein d'un châssis au format 3 à 7 U dans lequel viennent s'insérer des serveurs plus ou moins en forme de lames (2,8 cm par 24,5 cm par 44,6 cm chez IBM). Les composants mis en commun varient d'un constructeur à l'autre. Sur le P-Class de HP, ils se limitent aux ventilateurs, au processeur de supervision et à la mutualisation de la connectique (chaque lame conservant ses propres interfaces Ethernet, FC et bientôt iSCSI). Quant à l'alimentation redondante et partagée, elle est installée dans un tiroir externe inséré dans le même rack que le châssis (voir notre tableau des offres ci-dessous).
Mutualisation des composants et administration simplifiée
IBM va plus loin en incluant dans son châssis BladeCenter une alimentation redondante, un commutateur giga Ethernet et, en option, un switch Fiber Channel. Cisco, Nortel, Q-Logic et Brocade proposent en effet des équipements et interfaces réseaux venant s'insérer dans des emplacements dédiés. Quant aux lames, elles intègrent une unité centrale dépouillée (avec un ou plusieurs processeurs et de la mémoire) mais aussi, quand même, un disque interne.
Cette mutualisation permet d'augmenter la densité, donc le nombre de serveurs par unité de surface (ce qui peut d'ailleurs poser des problèmes de refroidissement), tout en réduisant de 50 à 80 % la connectique. Il en découle une simplification de la mise en oeuvre et une réduction des coûts qu'il faut pondérer par le poids de l'investissement initial. "Par rapport à des tours, l'économie apparaît à partir de huit serveurs", estime Pascal Roussel (photo), chef de produits xSeries chez IBM. Ces offres sont également livrées avec des outils qui facilitent l'administration des lames en permettant, par exemple, le déploiement rapide d'une même application sur plusieurs serveurs.
Aucune véritable standardisation
Les quatre principaux constructeurs que sont Dell, Sun et surtout HP et IBM ont chacun adopté des formats et des spécifications propriétaires, ce qui interdit de mixer des châssis et des lames hétérogènes. Toutefois, IBM et Intel ont défini des spécifications qui, depuis peu, sont publiques et dont l'utilisation est libre. C'est ainsi que Bull propose une offre compatible avec celle d'IBM, bien que conçue et développée en interne. D'autres constructeurs pourraient suivre le mouvement mais il est improbable que HP, principal rival d'IBM, en fasse partie.
Les entreprises ont d'abord été intéressées par les serveurs lames pour des applications nécessitant le déploiement de multiples configurations sensiblement identiques. C'est le cas des serveurs Web, DHCP, Citrix Metaframe ou systèmes dédiés au calcul scientifique. Mais aujourd'hui, la cible s'élargit à toutes les applications, y compris serveurs d'applications et SGBD.
Un marché potentiellement aussi vaste que celui des serveurs
Le marché n'est pas non plus limité par la taille des entreprises. Dès lors que celles-ci déploient au moins cinq à dix serveurs et prévoient une évolution des besoins, les serveurs lames sont fortement susceptibles de les séduire. "Les serveurs tour disparaîtront pratiquement des salles informatiques mais resteront pertinents sur des sites équipés d'une ou deux machines", pondère Arnaud Jannin, chef de produits serveurs chez HP.
Les constructeurs affichent tous le même optimisme. "Apparus il y a quelques années, les serveurs en rack représentent aujourd'hui 60 % de nos ventes. Appelés à les remplacer progressivement, les lames constituent l'étape suivante", estime Bruno Pinna (photo), directeur général de l'activité serveurs Intel chez Bull. Quant à HP et IBM, leurs ventes de lames atteignent 25 % du total des serveurs après seulement deux ans de commercialisation.
Les principales offres de châssis et lamesConstructeur | Châssis | Capacité | Lames | Serveur | Bull | Sans nom | 7 à 14 lames | NovaScale 2020 | Serveur biprocesseur Pentium Xeon à 3,2 GHz | | NovaScale 2040 | Serveur quadriprocesseur Pentium Xeon à 3,2 GHz | Dell Computer | PowerEdge 1655 MC Blade | 6 lames | Sans nom | Serveur 1 ou 2 Pentium III à 1,4 GHz | HP | BLe-Class | 20 lames | BL 10e | Serveur Pentium M à 1 GHz | | P-Class | 2 à 16 lames | BL 20p | Serveur biprocesseur Pentium Xeon (3,2 GHz) | | BL 30p | Serveur biprocesseur Pentium Xeon (3,2 GHz à 3,6 GHz) avec extensions 64 bits | | BL 40p | Serveur quadriprocesseur Pentium Xeon (3,2 GHz) | | IBM | BladeCenter | 7 lames | HS 20 EM 64 T | Serveur biprocesseur Pentium Xeon 32/64 bits à 3,06 GHz | | HS 40 | Serveur quadriprocesseur Pentium Xeon à 3,2 GHz | | JS 20 | Serveur biprocesseur Power PC970 à 1 GHz | | Sun Microsystems | SunFire B 1600 | 8 à 16 lames | SunFire B100S | Serveur UltraSparc2i à 650 MHz | | SunFire B100X | Serveur AMD Athlon à 1,6 GHz | | SunFire B200X | Serveur biprocesseur Pentium IV à 2 GHz |
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