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Par

Sébastien Chauveau


26/10/2004

Budgets informatiques des PME : une baisse nuancée

Les dépenses informatiques des PME sont, certes, revues à la baisse. Mais de nouvelles pratiques, plus pragmatiques, permettent d'optimiser les achats.

Les investissements informatiques sont-ils en récession ? La réponse est à nuancer. C'est en tous cas ce que pense Sonia Boittin (photo), directrice associée de KLC, un cabinet de conseil en management des systèmes d'information.
"Il est clair que l'informatique "centrale", c'est-à-dire celle qui est gérée directement par les DSI, connaît de sérieuses restrictions budgétaires. Sont concernés : les achats de serveurs, la croissance des équipes internes, les grands projets de développements "maison", les investissements récurrents dans de nouvelles architectures".
En revanche, il existe des projets informatiques qui représentent, selon la consultante, un réel potentiel pour les entreprises. "Les applications Internet, l'intégration des réseaux voix/données et les outils de mobilité qui vont avec peuvent être d'excellents vecteurs de valeur ajoutée", estime-t-elle. Tout comme les services clé en main de support, d'accompagnement et de conseil qui constituent de nouvelles opportunités pour qui sait les saisir.

Le seul rescapé du service informatique

C'est dans cette dernière voie que s'est d'ailleurs orienté le groupe Comeca (200 utilisateurs), fabricant d'armoires électriques. "Je suis le seul rescapé du service informatique, sur les six personnes qui constituaient notre équipe il y a encore un an et demi", explique Roger André, à présent unique responsable de tout le système d'information de l'entreprise. "Nous avons tout externalisé mais en choisissant des prestataires de proximité", précise-t-il. Toutefois, Roger André a une explication très pragmatique pour cette réduction sans concessions : "C'est simple, quand vous vous en remettez à des intervenants extérieurs, si ça ne fonctionne pas, vous ne les payez pas ! Ce qui n'est pas le cas avec une équipe interne, que vous devez rémunérer quoi qu'il arrive".

De 51 600 euros, en janvier dernier, le budget informatique annuel du fabricant d'armoires électriques passera, au début de l'année prochaine, à 33 156 euros, soit 1 % du chiffre d'affaires global de la société. Un crédit pour l'instant en baisse, mais que Comeca espère voir se stabiliser à partir du début de l'année 2006. "Il fallait absolument que nous réduisions nos dépenses. Jusque-là, en termes d'achat informatique, tout se faisait à la demande. Il n'y avait aucune politique d'achat digne de ce nom. Tant est si bien que les frais étaient loin d'être toujours justifiés", précise Roger André (photo).

Des achats raisonnés

C'est vers un tout autre mode d'économies que se sont dirigés l'horloger Bodet (600 PC, 30 serveurs et 450 utilisateurs) et les éditions Le Moniteur. Dans ces deux entreprises, on a gardé les grandes fonctions informatiques. Chez Bodet, ce sont toujours sept personnes qui s'occupent des systèmes, des réseaux et des applications. Tandis que l'équipe est trois fois plus importante au Moniteur pour faire presque le même travail, il est vrai pour un parc plus important (700 machines, 60 serveurs et 600 utilisateurs). L'infogérance est essentiellement passée, ici, par des achats raisonnés.

"Finis les PC fixes et portables que l'on achetait autrefois à tout va", se réjouit Jérôme Gauvrit, responsable informatique chez Bodet. "Nous en achetions à peu près une cinquantaine par an. Aujourdh'ui, près de deux fois moins".
Et d'ajouter : "lorsque le matériel tombe en panne, dorénavant, nous le réparons. Et s'il est dépassé, nous le remettons à jour". Que ce soit du côté
de Bodet ou de celui du Moniteur, on mise surtout, à présent, sur le côté productif des choses. Ainsi, les deux sociétés avouent-elles avoir des projets internes de développement de logiciels et d'applicatifs métiers. "Nous souhaitons, entre autres, améliorer et accroître nos productions de contenus Web et papier", explique Jean-Claude Marc, l'homologue de Jérôme Gauvry
au Moniteur.

Avec des budgets qui, certes, sentent la baisse - deux millions d'euros pour l'horloger et six millions pour l'éditeur, soit 5 % du chiffre d'affaires respectif de chaque entreprise - les deux responsables informatiques n'en demeurent pas moins relativement contents de leur sort. Car leurs relations avec leur direction générale ne se limitent pas aux chiffres. Ils reconnaissent avoir encore, en ce qui les concerne, la possibilité de faire des propositions,
sans que tout leur soit systématiquement refusé.

 


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