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Catherine Nohra-China


03/11/2004

Utility Computing : pour réduire son TCO et gagner en efficacité

Longtemps considérés comme des centres de coûts, les services informatiques pourraient-ils se transformer en centres de profits et contribuer effectivement à la productivité des entreprises ? C'est ce que promet le modèle d'Utility Computing. Les premières entreprises adeptes confirment.

Bien que toutes intéressées par la réduction de leurs coûts informatiques, les entreprises ne sont pas encore capables de définir correctement le concept d'Utility Computing. Près de 48 %  d'entre elles n'ont d'ailleurs pas encore compris les bénéfices clés de ce modèle informatique, estime l'Utility Computing Survey (directoire de surveillance international). Pour Jacques Sebag (photo), directeur général de Veritas, éditeur qui détient 71 % de parts de marché dans la virtualisation du stockage, l'Utility Computing réside dans la "capacité à fournir à la demande, de manière automatique ou manuelle, sur des critères de performances, de disponibilité ou d'activité, une ressource informatique logique ou physique (applications, serveurs, réseau ou stockage) pour satisfaire un traitement. Et d'inclure, éventuellement, la libération des ou de la ressource(s) après le traitement". HP par la voix de Philippe Roux, son responsable marketing infogérance, rejoint cette approche de "virtualisation" des ressources, des éléments (partitionnement des serveurs...), intégrée ou de type outsourcing, tout en y ajoutant la dimension de tarification à l'usage.

 

A quand la standardisation des tarifs ?

 

En fait, côté tarification, rien n'est simple. Certains fournisseurs proposent des tarifications à la transaction, d'autres à la capacité du serveur. Ce qui laisse deux options fondamentales aux DSI : la première étant d'estimer la capacité serveur requise. La seconde : accepter de payer sur la base d'un coût à la transaction. Veritas laisse le choix au client entre le modèle classique de paiement de licence en leasing ou la tarification au CPU. De son côté, Computer Associates propose sur l'ensemble de son portefeuille d'applications de gestion grand système une tarification basée sur la consommation réelle (Measured Workload Pricing) : le coût des licences étant calculé sur la consommation réelle des systèmes plutôt que sur la capacité matérielle totale potentielle.

 

Quant à l'offre HP On Demand, elle propose des modes de tarifications en fonction du besoin du client : de la capacité instantanée qui permet l'activation temporaire d'un processeur sur un serveur et le paiement à l'usage du CPU, à  la capacité mesurée (Paiement à l'usage) pour une facturation à la consommation sur la base d'un loyer mensuel. Aussi, une entreprise peut opter pour le paiement à la boîte aux lettres Exchange ou, comme le constructeur Ericsson, choisir de payer à la transaction SAP. Troisième mode de facturation possible : la capacité servie mise à disposition dans le cadre d'un service d'infogérance ou d'outsourcing. Si le modèle de tarification à la capacité instantanée est plus adaptée aux PME, le paiement à l'usage reste lui réservé aux groupes qui doivent gérer un volume important de transactions et "ne doit en aucun cas excéder le leasing classique", comme le précise Philippe Roux d'HP (photo ci-dessus).

 

Des entreprises en attente de qualité de service

 

Dans le modèle d'UC, si les ressources informatiques sont nécessairement alignées sur les besoins commerciaux,  "les applications doivent être fournies avec une performance optimale et une garantie de disponibilité, d'où l'intérêt de définir des niveaux de qualité de service (QOS)", témoigne Jacques Sebag. Exemple parlant que celui d'Alcatel. Confronté à la gestion d'un parc étendu et très hétéroclite d'imprimantes, le groupe avait une mauvaise visibilité et un contrôle difficile de la gestion de ses consommables (cartouche d'encre, laser, papier...). Pour réduire le coût de la page imprimée et optimiser la gestion de son parc d'imprimantes, il a choisi de faire appel au service d'impression à la demande d'HP. Un service qui lui garantit la gestion de toutes les composantes de son parc avec la facturation d'une page imprimée au meilleur coût et une facturation centralisée des consommables.

 

Autre exemple marquant que celui d'Amadeus. Pour réagir plus rapidement aux fluctuations de son marché, le groupe spécialisé dans la distribution de voyages a choisi, plutôt que d'investir dans une lourde infrastructure centrale de réservation, de payer à la consommation CPU nécessaire au traitement de chaque transaction.  Et HP de facturer en fonction du nombre de billets vendus ! De la tarification sur mesure qui implique cependant une prise de risque au niveau du fournisseur de services. Pour faire face aux défis que pose la vitesse d'innovation technologique, Philips SemiConductor a opté pour le déploiement d'une infrastructure UDC (Utility Data Center). Grâce à la virtualisation de son centre de calcul, il peut allouer les ressources informatiques "à la souris" et réduire le temps de mise à disposition de bancs de test. Les dépenses informatiques ont pu être réduites de 45 % en deux ans.

 

Un marché de plus de 8,6 milliards de dollars

 

Alors que la plupart des analystes restent persuadés des réductions de coûts induites par le modèle de l'Utility Computing, d'autres plus sceptiques, tels que Greg Goldstein du CIT Group affirment qu'en fait "tout dépendra de l'usage que l'on fait d'une application ou d'un programme. Et qu'il est très difficile pour une entreprise de budgéter mensuellement et avec exactitude les rentrées d'argent destinées à couvrir les coûts informatiques".

 

Avec un taux de pénétration du marché estimé à près de 15 %, l'Utility Computing ne sera plus longtemps considéré comme une simple tendance informatique. Le Gartner estime que ce marché représentera, à la fin 2004, 8,6 milliards de dollars et qu'il doublera dans les trois prochaines années. Même s'il joue un rôle de catalyseur pour permettre aux entreprises de dimensionner correctement leurs ressources informatiques, ce modèle ne changera pas radicalement le positionnement des services informatiques si les offres ne correspondent pas à leurs attentes commerciales. Par contre, il va indéniablement bouleverser les organisations en impliquant l'embauche de nouvelles compétences et en transformant les DSI  en de véritables "brokers" de ressources...

 

 


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