Cette distinction entre MOE et MOA permet également d'éviter de tomber dans le piège éculé du développement de relations de complaisance entre l'entreprise et son fournisseur. Relation qui se traduit souvent par l'absence de cahier des charges explicite (impossibilité de vérifier par la suite la conformité des développements), par des obligations de résultats limitées, l'absence de consultation d'autres prestataires (qui auraient pu être plus compétitifs) à l'occasion de nouveaux projets, etc.
Des PME mal équipées pour externaliser
De telles organisations impliquent toutefois des ressources humaines, ne serait-ce qu'en MOA pour rédiger le cahier des charges et superviser le prestataire. On assiste alors à un grand paradoxe : ce sont les entreprises qui ont le plus besoin de l'externalisation, à savoir les PME dont les ressources sont limitées, qui sont aussi les plus mal loties face à l'externalisation.
"L'externalisation n'a de sens que si elle coûte moins cher que la réalisation du projet en interne. Or, les PME ne sont pas équipées pour acheter de la prestation. Elles n'ont ni le personnel nécessaire pour encadrer la sous-traitance, ni le service achat de prestations informatiques qui permet de faire de réelles économies", explique Yvan Galisson (photo), directeur des études et du développement de la SSII Sodifrance.
Depuis quelques années, les grands comptes ont en effet commencé à appliquer les mêmes règles d'achat à la prestation informatique qu'aux autres acquisitions : centraliser afin de jouer sur la volumétrie pour faire baisser les prix. Selon différentes études, un service d'achat de prestations informatiques ainsi centralisé permet de réaliser 20 % à 30 % d'économies. Un rapport de force difficile à établir entre une PME et son prestataire en l'absence de centrale d'achat mais également de volumétrie suffisante pour faire chuter les prix. Sans compter que cette pression exercée sur les prestataires n'est généralement pas dans la mentalité des PME qui préfèrent établir des relations de confiance. L'essentiel étant alors de ne pas tomber dans la complaisance...
Salaires des principaux postes informatiques (à l'embauche)
(Les variations importantes de salaires sont principalement liées à la taille de l'entreprise et au lieu, les informaticiens étant généralement mieux payés à Paris qu'en région).
Poste | Descriptif | Salaire moyen | Directeur des Systèmes d'Information (DSI) | Définit la stratégie informatique de l'entreprise, supervise sa mise en oeuvre. | De 55 à 180 K euros | Directeur informatique | Equivalent de DSI mais dans une petite organisation (PME, filiale de grand groupe, etc.) | De 45 à 110 K euros | | Directeur de projet | Supervise la réalisation des projets, négocie en direct avec les fournisseurs, etc. | De 50 à 100 K euros | | Développeur | Code et paramètre les applications | De 25 à 45180 K euros | | Chef de maîtrise d'ouvrage (MOA) | Définit, organise et suit le projet. | De 40 à 70 K euros | | Chef de maîtrise d'oeuvre (MOE) | A la tête de l'équipe qui réalise le projet. | De 30 à 70 K euros | | Architecte base de données | Conçoit les modèles de bases de données | De 30 à 80 K euros | | Ingénieur systèmes et réseaux | Responsable de la mise en oeuvre des technologies, applications et matériels liés au réseau | De 32 à 50 K euros | | Ingénieur méthodes et qualité | Responsable de la qualité des développements : élabore des procédures et contrôle leur respect | De 25 à 45 K euros | | Ingénieur sécurité | Evaluation des risques et mise en place de solutions pour sécuriser les systèmes d'information. Part de veille et de formation importante. | De 35 à 60 K euros |
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