La chasse au bug prend du galon. Aujourd'hui, au titre usuel de "testeur", le Syntec préfère l'intitulé "ingénieur de validation" dans son référentiel sur les métiers de l'informatique. Signe des temps, il est désormais admis qu'assurer la recette technique d'une application est une fonction à part entière. Ce rôle est de mieux en mieux défini dans les projets qui prévoient des équipes de tests extérieures à celles de développement. L'ingénieur de validation doit garder le recul nécessaire pour organiser et analyser les phases de tests. Il assure, tant d'un point de vue technique que fonctionnel, qu'une application correspond au cahier des charges et ne dégrade pas le système d'information.
Longtemps cantonné à l'informatique industrielle, ce métier trouve maintenant de nouveaux débouchés dans l'informatique de gestion au sein des SSII ou dans de grandes entreprises qui veulent maîtriser en interne la qualité de leurs applications. Le poste peut être occupé, après des débuts dans le développement, par de jeunes ingénieurs ou par des profils Bac +2 moyennant une formation aux techniques et méthodologies de tests.
Le profil du poste
Compétences technologiques : Généraliste de l'informatique, il maîtrise entre autres les modèles (CMM, SPICE), les méthodologies (STEP, TMAP, ITIL) et les normes ISO 9000. Il sait manipuler des outils de tests, de création de scripts et d'analyse d'anomalies (IBM, Compuware, Mercury...).
Qualités humaines : Rigueur, sens de l'organisation, diplomatie, capacité d'analyse.
Perspectives d'évolution : Management de projet, responsable qualité et méthodes, directeur technique dans une SSII ou chez un éditeur.
Fourchette de rémunération : 27 000 à 37 000 euros annuels (source observatoire des salaires de cadreonline, salaire comparable à celui d'un analyste-programmeur selon le Syntec).
Portrait : Jean-Philippe Hubac, 40 ans, responsable des centres de tests de la SSII Projipe
"J'assure les finitions des applications avant leur mise en oeuvre", décrit Jean-Philippe Hubac (photo). Sa tâche : superviser les projets nécessitant l'intégration de programmes d'origines diverses comprenant en particulier des parties développées dans des pays "à bas-coûts". Il organise, entre autres, la mise en place des campagnes de tests avant la livraison de l'application chez le client. Pour avoir débuté, en 1986, comme développeur du traitement de texte Sprint de Borland, il sait que la phase de recette d'un programme est jugée beaucoup moins créative que le codage. "Pourtant, le test est un métier adapté aux passionnés de la technique. Les automates qui éliminent les bugs sont de véritables langages de programmation. Mais nous avons aussi notre rôle à jouer avec les utilisateurs lors de la mise en exploitation", confie-t-il.
Ses premières missions de test se sont effectuées chez Thales ATM, dans le cadre d'une application de contrôle de trafic aérien. "Dans le monde industriel, le logiciel a une durée de vie plus longue et la dimension sécurité induit une culture de test très poussée", précise-t-il. Il découvrira ensuite que dans l'informatique de gestion les contraintes ne sont pas les mêmes. "Les enjeux sont critiques, mais comme toute action de qualité, elle a un coût. Les clients ne comprennent pas toujours qu'il faille passer plus de temps à tester une application qu'à la coder".
Aujourd'hui Jean-Phillippe Hubac consacre une bonne partie de son emploi du temps à la veille technologique, à la recherche des meilleures combinaisons possibles entre outils et méthodologies de qualimétrie du logiciel : "Nous avons trouvé, par exemple, le moyen de réduire de 45 à 3 jours la charge de validation d'un middleware bancaire".
Formations
Les développeurs suivent en formation continue les techniques et méthodes de tests. Quelques cursus généralistes mettent l'accent sur ces points.
Etablissement | Formation | Caractéristiques | Durée | Possibilités de financement | | Institut des sciences et techniques de l'ingénieur (ISTIA) Université d'Angers www.univ-angers.fr | Master 2 Professionnel. Parcours Qualité et Sûreté de fonctionnement des Systèmes Informatiques. Accessible aux titulaires d'un master en informatique. Niveau bac + 5. | Ingéniérie du logiciel. Qualité du logiciel. Management de projet et communication. Sûreté de fonctionnement des systèmes informatiques. | 1an. 18 semaines d'enseignement, 6 mois de stage en entreprise | Formation initiale. Coût annuel 420 euros | Delf Formation www.delf.fr
| Recette fonctionnelle et validation. | 5 modules : Validation des spécifications. Plan de recette. Préparation de la recette. Procédures de tests. Exécution de la recette. | 2 jours | Formation continue. 900 euros | Precilog precilog.com
| Techniques de tests et de validation. | 4 modules : Tests de logiciels. Techniques de test. Stratégie de test. Outils de test. | 2 jours | Formation continue. 1240 euros | Orsys www.orsys.fr
| Validation et tests logiciels. | 8 modules sous forme de stage pratique dont : mettre en oeuvre les tests fonctionnels, définir et réaliser les tests de validation, organiser les tests dans un projet... | 3 jours | Formation continue. 1490 euros |
|
En savoir plus :
La fiche du Syntec en ligne
Lire aussi :
Être freelance dans l'informatique : indépendant ou portage ?