La promesse d'un déploiement sans câblage rime souvent avec un faible coût de déploiement lorsque l'on écoute le discours des constructeurs de matériel Wi-Fi. Si c'est généralement le cas, les économies réalisées sont souvent moins importantes que prévues à cause des difficultés de mise en oeuvre.
Un concept vendu avec beaucoup de paillettes
"Le concept vendu avec beaucoup de paillettes ne peut que générer une forte déception sur le terrain", résume Éric Denizot (photo), responsable réseau du centre hospitalier de Villefranche-sur Saône (CHV). Malgré une étude d'implantation préalable, le CHV a dû déployer deux points d'accès plutôt qu'un et constate un débit réel de 4 Mb/s au lieu des 11 Mb/s théoriques. "Mais il faut s´accrocher. Quand ça marche, l´intérêt est évident et le confort apprécié par les utilisateurs", précise le responsable réseau.
Même constat au CHU de Saint-Étienne. "Pour couvrir notre étage de 30 mètres de large sur 100 mètres de long, un seul point d´accès semblait suffire. Dans la réalité, les murs, les cloisons, le mobilier... sont autant d´obstacles qui diminuent la portée du signal radio utilisé et les PC portables perdaient leur connexion au réseau dans certains endroits. Seuls ces tests ont permis de mettre en évidence la nécessité d´installer un deuxième point d´accès sans fil au niveau de l´étage", constate Philippe Colonges, responsable informatique du CHU.
Des coûts divisés par deux pour la Guilde des Lunetiers
Malgré les difficultés de mise en oeuvre, les économies sont tout de même au rendez-vous. En 2002, la Guilde des Lunetiers a remplacé ses catalogues papier - coût annuel entre 100 000 et 200 000 euros - par des tablettes graphiques connectées à un réseau Wi-Fi. "Moins de 4 % de nos 1 000 adhérents ont été réfractaires à cette nouvelle solution", constate Badredine Madani, directeur général de Codir SA, la plate-forme de fabrication et de distribution de la Guilde des Lunetiers. Aujourd'hui, les catalogues électroniques leur permettent de prendre des commandes en temps réel sur les salons professionnels. Avec un budget de 100 000 euros - incluant développement de l´application, assistance technique au démarrage, location de deux serveurs NT et de 130 tablettes graphiques - le projet a été très vite amorti puisque pour 2003 la Guilde des Lunetiers devrait réduire ses coûts par deux.
Une législation contraignante en extérieur
Reste que certains projets extérieurs peuvent s'avérer plus contraignants que d'autres. Souhaitant relier deux bâtiments séparés par à peine 1 200 mètres de zone urbaine, la papeterie Develay a mis en place une liaison radio entre les deux sites. Trop pressée, l'entreprise a commencé "à émettre tout en faisant la demande d´autorisation à l´ART (Autorité de régulation des télécommunications). Ils n´ont pas du tout apprécié mes méthodes "à la hussarde" ! L´Agence nationale des fréquences a effectué des mesures et a demandé une saisie du matériel", se souvient Jean Develay, directeur général de l'entreprise.
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