Vous souvenez-vous du passage de DOS à Windows ? Ou en d'autres termes, des ces écrans noirs criblés de texte vert, orange ou gris selon les moeurs, abandonnés au profit des interfaces graphiques ? "Nous avions à l'époque franchi un pas colossal dans l'interface informatique, explique Jean-Christophe Cimetière (photo), chef de produit plate-forme d'entreprise chez Microsoft France. Avec les interfaces vectorielles, nous allons probablement faire un bond similaire". Bond qui, une fois n'est pas coutume, profitera probablement autant aux utilisateurs qu'aux développeurs.
Bitmap versus vectoriel
Avant toute chose, il est indispensable de comprendre le fonctionnement du "vectoriel" et du "bitmap", format actuel de nos interfaces. Vectoriel et bitmap font référence à deux façon de stocker les données graphiques. Pour un rectangle noir sur fond blanc, par exemple, le premier n'enregistre que les quatre points qui vont lui servir de coordonnées dans un espace déterminé. Le second, à l'inverse, enregistre la totalité des points (ou pixels) qui constituent l'image, soit autant de points blancs et noirs que nécessaires pour un espace donné. Plus la résolution est élevée, plus le nombre de points dans un espace est important et plus la quantité d'informations à stocker est donc volumineuse en bitmap. Le vectoriel n'enregistrant que des coordonnées, la résolution n'a pas d'impact sur la quantité d'informations à stocker.
Des interfaces de meilleure qualité pour un volume de données inférieur
Dès lors, on comprend très vite un des premiers avantages de l'interface vectorielle pour l'utilisateur final : en stockant moins d'informations, le "vectoriel" allège les temps de chargement. Résultat, on peut construire des interfaces plus riches sans nuire aux temps de réponse. Responsable avant-vente chez Macromedia, éditeur qui est à l'origine de l'utilisation du vectoriel pour l'interface utilisateur avec le format Flash, Lionel Lemoine (photo) précise même : "une application en Flash est plus légère que toute technologie de pages dynamiques utilisée actuellement sur le Web : JSP, ASP, etc.".
Stockées en binaires, les informations de l'interface vectorielle sont en effet décrites dans un fichier XML selon plusieurs dérivés. Le fichier est ensuite exécuté, toujours selon les implémentations, par un runtime sur le poste client ou un serveur. Ce fonctionnement n'est pas sans rappeler celui du VRML (Virtual Reality Modeling Language), langage de la 3D du Web dont l'échec est plus dû au manque de maturité en matière d'usage de la 3D (hormis les jeux vidéos) qu'aux fondements technologiques du langage. Echec dont Microsoft semble se gausser avec la prochaine version de Windows Vista (notre article). Sous-système graphique de Windows Vista, Avalon pousse en effet l'utilisation de la description d'images vectorielles en XML jusqu'à la 3D pour naviguer entre les applications notamment.
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Tableau : les principaux formats vectoriels
Editeur/Organisme | Format | Adobe
| XDP (XML Data Package)
| Macromedia
| MXML (Macromedia XML) | Microsoft | XAML (XML Application Markup Language) | Mozilla | XUL (XML User Interface Language) | World Wide Web Consortium | SVG RCC (Scalable Vector Graphics Rendering Custom Content) |
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A l'exception de MXML dans le cadre de Flex qui utilise un serveur de présentation, toutes ces technologies s'appuient sur un interpréteur installé sur le poste client. Outre le fait qu'elles remettent très sérieusement en cause le concept de client léger (aucun traitement sur le poste client), qu'elles s'appuient sur un "container" propriétaire (lecteur PDF, Flash intégration directe dans Windows Vista et donc dans IE, etc.), elles risquent aussi de nécessiter des ordinateurs aux ressources redimensionnées pour encaisser les calculs indispensables pour générer les interfaces à partir des instructions contenues dans le fichier XML.
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