Le choix de la technologie effectué, il reste encore de nombreux autres paramètres à prendre en compte. Le premier est la puissance. En effet, l'onduleur doit être capable d'alimenter sa charge sans disjoncter, ce qui est la moindre des choses. La puissance des onduleurs est fournie en KiloVolts Ampères (KVA) qui est simplement le produit de l'intensité par la tension, alors que la puissance électrique réelle en Watts est donnée par la formule P = VI cos"phi" dans laquelle "phi" représente l'angle de déphasage entre la tension et l'intensité. Ce déphasage est provoqué par les matériels électriques qui ne se comportent pas comme des résistances pures. Ce cosinus porte le nom de facteur de puissance et comme sa valeur est toujours inférieure à 1, la puissance en Watts est toujours inférieure à celle exprimée en KVA. Dans la pratique on se limitera à un calcul simple qui consiste à augmenter de 50% la puissance totale exprimée en Watts des appareils à connecter pour obtenir la puissance de l'onduleur. Par exemple : pour alimenter une charge totale de 2 KW on choisira un onduleur de 3 KVA. Il faut noter que certains modèles d'onduleurs permettent de corriger la valeur du facteur de puissance, lorsque celle-ci est trop faible.
Les critères de qualité
Le deuxième point à considérer est le temps pendant lequel l'onduleur pourra faire face à la coupure de courant. Ce temps dépend de la capacité de ses batteries, mais également de la charge connectée. Certains modèles d'onduleurs permettent l'ajout de batteries supplémentaires ce qui peut être intéressant. Une longue durée est bien sûr souhaitable, surtout si elle permet d'éviter l'extinction des serveurs. Il faut ensuite vérifier la vitesse avec laquelle l'onduleur est capable de recharger ses batteries. Ce point est important si les coupures de courant sont nombreuses et répétées. Si les batteries sont échangeables à chaud c'est également un plus, car cela permet l'échange de batteries usagées sans éteindre le matériel.
Deux autres points importants restent à vérifier. Le premier est de savoir quelle est la plage de tension acceptée par l'onduleur. Un modèle qui continue à fonctionner sous 140 volts par exemple, sera préférable à un celui qui commute sur ses batteries dès 180 volts. Le deuxième point concerne la qualité du courant fourni en sortie. Cette qualité est mesurée par le taux de distorsion harmonique qui, en gros, mesure la déformation du signal. Pour un onduleur de bonne qualité, ce taux doit être inférieur à 5%. Pour terminer, il faut savoir qu'il existe des produits encastrables en racks de 19 pouces qui sont intéressants lorsque la place est comptée et que les onduleurs de forte puissance peuvent être livrées en mono ou en triphasé.
Administration et monitoring
Les caractéristiques physiques déterminées, il faut maintenant se pencher sur ses possibilités d'administration et de monitoring. Étant donné qu'en cas de panne le basculement est automatique, il est impératif que les utilisateurs soient prévenus du problème, afin de leur permettre de sauvegarder leur travail et d'éteindre leurs machines. Le responsable doit également pouvoir s'assurer à tout moment de l'état des batteries, de leur niveau de charge, des tensions présentes en entrée et en sortie de l'appareil, et en cas de panne de secteur du temps d'autonomie restant. Pour acheminer toutes ces données, les onduleurs utilisent un logiciel propriétaire qui les communique par le port série RS-232 et/ou par un port USB. Comme il est important de disposer de ces informations à partir de n'importe quel poste, les onduleurs intègrent généralement un mini serveur Web qui permet de transmettre les informations sur tout le réseau et de manière sécurisée par une carte Ethernet.
Il peut aussi être intéressant que l'onduleur s'intègre dans le réseau de l'entreprise. Il est donc nécessaire qu'en plus du protocole SNMP, il offre des plug-in permettant de se connecter aux applications de gestion telles que HP OpenView par exemple. Certaines opérations peuvent également être automatisées. Lors d'une coupure de courant, le logiciel de l'onduleur doit en effet être capable d'éteindre les machines "proprement". Ensuite, lorsque le courant est rétabli, ce même logiciel doit pouvoir réamorcer le système tout seul.
Il ne faut pas voir l'onduleur comme une simple boîte noire avec une prise en entrée et une en sortie. C'est un appareil complexe aux caractéristiques nombreuses, qui doit être parfaitement conforme à l'usage auquel on le destine. Le problème est que les petites entreprises ne disposent que rarement de compétences en interne. Pour les grosses configurations, il sera souvent nécessaire de faire appel à un expert.
Cinq onduleurs pour serveur et postes de travail
Marque | Modèle | Puissance | Plage de tension d'entrée | Autonomie en pleine charge | Autonomie à 50% de charge | Prix HT | | Liebert | GXT2 | 3000 VA 2100 Watts | 119-280 Volts | 5 mn | 16 mn | 1750 euros | MGE
| Pulsar Extreme 3000 | 3000 VA 2000 Watts | 84-265 Volts à 50% de charge | 8 mn | 28 mn | 1500 euros | APC
| RT 3000 | 3000 VA 2100 Watts | 230 Volts | 14 mn | 34 mn | 1370 euros | Powerware
| 9125 | 3000 VA 2100 Watts | 160-288 Volts | 5 mn | 16 mn | 1970 euros | | Socomec | Mod TW30 | 3000 VA 2100 Watts | 230 Volts +/- 20% | nc | 8 mn à 75% | 1100 euros |
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