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Thierry Lévy-Abégnoli


09/11/2005

Processeurs dual core : des politiques de licences plutôt avantageuses

Un dual core intègre deux processeurs classiques sur une puce. Dès lors se pose la question des licences pour les logiciels serveurs tarifés au nombre de processeurs. La plupart des éditeurs optent pour une politique avantageuse pour les entreprises.

L'émergence de processeurs à deux coeurs (dual core) chez AMD en avril dernier et plus récemment chez Intel, a amené les éditeurs à prendre position. En effet, un serveur basé sur un tel processeur est vu par le système et les applications comme s'il était équipé de deux processeurs traditionnels. Or, la plupart des éditeurs de systèmes d'exploitation, de bases de données (SGBD) ou de plates-formes d'exécution (J2EE ou .NET) adoptent une tarification en fonction du nombre de processeurs. Dans le même temps, les performances d'un dual core se révèlent légèrement inférieures à celles de deux monocoeurs montés en parallèle.

 

Microsoft a été le premier éditeur majeur à se déterminer, en décidant de considérer, pour le calcul des licences, qu'un dual core est équivalent à un monocoeur. Les entreprise ont applaudit ! Valable pour l'ensemble de sa gamme, cette politique augmente en effet sensiblement l'intérêt économique des puces à deux coeurs, puisqu'il est possible de bénéficier d'une amélioration de 15 à 25 % du rapport prix/performance du matériel, avec une facture logicielle qui reste constante. Dans la foulée de la firme de Bill Gates, tous les fournisseurs de systèmes d'exploitation - Novell, Sun ou Redhat - ont adopté la même position.

 

Tout récemment, VMware leur a emboîté le pas. "Nos clients n'accepteraient tout simplement pas que nous fassions autrement", argumente Jacques Heller (photo), directeur commercial Europe du Sud chez VMware. D'autres éditeurs se sont également alignés. IBM fut le premier, dès avril dernier, pour l'ensemble de sa gamme. Bea Systems (offre WebLogic) avait d'abord décidé de vendre une licence un quart par processeur double coeur mais l'éditeur a finalement rejoint la position de Microsoft.

 

Oracle et Sybase font de la résistance

 

Pour sa part, Sybase conserve la politique la pire pour le client : un dual core est considéré comme deux processeurs. Quant à Oracle, il a mis de l'eau dans son vin. Après avoir décidé de procéder comme Sybase, il a annoncé un compromis assez complexe. Pour une machine basée sur plusieurs processeurs dual core, la tarification est fonction du nombre total de coeurs, minoré de 25 % puis arrondi au nombre entier supérieur. Concrètement, si le coût d'une licence vaut 1 par processeur, il est ramené à 2 fois 0,75 pour un dual core, soit 1,5, arrondi à 2, soit finalement le même prix que pour deux processeurs monocoeurs. Mais pour un serveur comptant deux dual core, cela donne 4 fois 0,75, soit 3.

 

"A partir de quatre coeurs, l'utilisateur paye donc moins cher pour deux dual core que pour quatre processeurs monocoeurs", conclut Karim Mokhnachi (photo), vice-président marketing France chez Oracle. D'autre part, les entreprises ont toujours le choix de préférer une tarification au nombre d'utilisateurs, a priori avantageuse puisqu'un dual core en supporte davantage.

 

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