Au 31 décembre 2005, tous les salariés dépendant de la branche Syntec informatique auront 34 heures de crédits sur leur compteur formation. Les employeurs ont obligation de les informer de l'état de leur compteur avant cette date. Mais comment et quand utiliser ce crédit d'heure de formation attribué à chaque salarié par le DIF (Droit Individuel à la Formation) ? Un technicien qui demande à suivre un stage de "leadership" en puisant dans son crédit d'heures peut se faire refuser sa demande dans un délai d'un mois au motif que cela ne correspond pas à l'évolution de carrière qu'envisage pour lui sa direction. A ce moment, le manager peut parfaitement réorienter son collaborateur vers une autre formation. C'est au cours de l'entretien professionnel, obligatoire tous les deux ans dans la branche, que les managers doivent désormais faire le point avec leurs collaborateurs en matière de formation.
Un maillon supplémentaire dans la gestion des compétences
L'occasion pour les salariés d'affûter leurs arguments. Mieux vaut donc que les managers puissent être capables d'expliciter les priorités de la direction en matière de formation. La loi sur la formation professionnelle oblige d'ailleurs les entreprises à présenter plus clairement leurs plans de formation et à y spécifier les programmes éligibles au titre du DIF. Selon Marie-Anne Boyer-Maillard (photo), déléguée formation du Syntec Informatique, "une demande de formation ne doit pas "sortir du chapeau". Le DIF constitue un maillon supplémentaire de la gestion des compétences". Reste que les salariés peuvent contester l'intérêt des formations que la direction estime éligibles au DIF. Chez Devoteam par exemple, les syndicats estiment que les formations proposées par l'université interne ne devraient pas être éligibles au DIF au motif qu'elles ne sont pas qualifiantes.
Privilégier les formations techniques
L'entreprise peut refuser deux demandes de DIF consécutives (une demande par an). Le salarié doit alors adresser sa troisième demande au FONGECIF, le fonds de financement des formations de la branche. Si la demande est jugée cohérente et motivée, le fonds va alors financer la formation pour la refacturer ensuite à l'employeur qui avait refusé.
"A partir d'un crédit de 60 heures, il devient possible de faire pas mal de choses. C'est le bon moment pour rencontrer son responsable et faire le point. Dans le secteur informatique, mieux vaut privilégier les formations techniques par rapport à des formations périphériques comme le management", avance Ivan Beraud (photo), secrétaire national de la Fédération Communication Conseil et Culture (F3C) à la CFDT et ancien secrétaire général du Betor-Pub, le syndicat CFDT de la nouvelle économie. Avec le DIF, la flexibilité est à l'honneur. Originalité de l'accord de branche signé en décembre 2004, "il est possible de faire une demande par anticipation à hauteur de 120 heures", souligne Marie-Anne Boyer-Maillard.
Il ne faut pas tout attendre de l'employeur !
Le DIF peut alimenter et compléter les périodes de professionnalisation également introduites par la réforme de la formation. Là, c'est un crédit qui peut aller jusqu'à 600 heures de formation dont peuvent bénéficier depuis début 2005 les salariés de la branche, dont notamment ceux de plus de 40 ans. Avec le DIF, le crédit peut donc grimper à 720 heures. "Très peu de salariés ont pour le moment demandé à bénéficier de cette nouvelle mesure qui permet de réorienter sa carrière. Les salariés doivent bien comprendre qu'ils sont responsables de leurs formations. Il ne faut pas tout attendre de l'employeur !", lance Ivan Beraud. En attendant, le FAFIEC vient de lancer des formations de deux jours qui visent à optimiser la conduite des entretiens professionnels et le diagnostic des besoins de formation. 2006 sera en effet l'occasion pour les entreprises de la branche d'étrenner ces nouveaux rendez-vous.
Qu'on se le dise, le DIF continue de placer l'employeur en position de force. Ce n'est pas un droit à faire son marché sur des catalogues formation de prestataires. C'est en revanche un droit à négocier sur la base d'un crédit d'heures qui sont dues au salarié.
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