Recevoir ses e-mails sur un smartphone sans avoir à interroger son compte, telle est l'idée développée par les solutions de messagerie en mode push, dont RIM fut l'initiateur avec son BlackBerry. Malgré l'arrivée de nombreux concurrents, ce fournisseur reste leader. Outre le choix d'un acteur pérenne, les critères tiendront compte du type d'architecture, des terminaux, du mode de traitement des pièces jointes et de la volonté d'accéder aux applications métiers.
1. Architecture : une incidence sur la sécurité
La plupart des solutions sont construites autour d'un logiciel serveur (BlackBerry Server, Visto Server...) qui dialogue avec Exchange ou Notes et "pousse" les nouveaux messages vers le terminal. Un deuxième serveur localise les terminaux et relaie les messages. RIM et Visto hébergent eux-mêmes ce relai auquel le réseau GPRS (ou Edge/3G) transmet en permanence l'adresse du smartphone. Ces deux offres sont donc liées à SFR, Orange ou Bouygues, qui les commercialisent eux-mêmes. Avec les autres solutions, indépendantes des opérateurs, les terminaux signalent leur présence auprès d'un proxy situé en DMZ.
"La mise en oeuvre est plus complexe, mais l'entreprise pilote alors totalement la sécurité", affirme Denis Gallienne (photo), responsable marketing télécoms chez Econocom. Le choix de l'architecture dépend de la confiance que l'on est prêt à mettre dans un tiers - Visto ou RIM - théoriquement susceptible de lire les messages relayés, même chiffrés.
2. Le terminal : smartphone ou appareil dédié
La solution BlackBerry sous-tend généralement un terminal dédié, plus ergonomique pour la gestion des e-mails qu'en mode vocal, malgré de récents progrès. Quelques smartphones, dont RIM ne fait guère la promotion, supportent également la solution grâce à un logiciel installé en usine. "Nous sommes avant tout constructeur de terminaux car ceux-ci génèrent 70 % de nos revenus", se justifie Christophe Ducamp (photo), responsable des relations avec les opérateurs chez RIM. L'offre de Microsoft ne fonctionne qu'avec des terminaux sous une version spécifique de Windows Mobile 5.0.
Tous les autres produits supportent de nombreux appareils, grâce à des logiciels clients installés par l'opérateur ou l'utilisateur. "Nous sommes compatibles avec plus de 75 terminaux, ce qui constitue notre principal argument par rapport au BlackBerry", affirme Thierry Marzin (photo), directeur général de Visto France.
3. Pièces jointes : format natif ou conversion à la volée
Avec BlackBerry, les pièces jointes sont converties et découpées par le serveur ; le volume s'en trouve réduit. Le terminal les visualise par morceaux s'il s'agit d'un PDF, d'un PPT ou d'un fichier Word. Quant aux images, elles sont réduites. Mais si l'utilisateur zoome, les données correspondant aux pixels supplémentaires sont téléchargées. Avec les autres solutions, les pièces jointes sont transférées telles quelles sur le terminal, sauf si l'utilisateur veut les laisser sur le serveur ou si l'administrateur limite la taille des fichiers autorisés.
4. Au-delà de la messagerie : l'accès aux applications métiers
Outre la réception et l'envoi des messages, toutes les solutions synchronisent les contacts, les tâches et l'agenda. Mais seules certaines d'entre elles, comme OneBridge, BlackBerry, Nokia Business Center et bientôt Visto Mobile, proposent un accès aux applications d'entreprise, moyennant des développements spécifiques réalisés grâce à un kit.
5. Coût : compter 50 euros par mois et par terminal
Le coût comprend les licences du logiciel serveur, le terminal, l'intégration et l'abonnement. Le logiciel BlackBerry Enterprise Server est vendu 2 400 euros pour 20 licences. Visto Server est gratuit tandis que, chez Microsoft, le mode push est inclus dans le service pack 2 d'Exchange 2003. L'abonnement mensuel au service Visto ou BlackBerry oscille entre 19 et 30 euros par utilisateur. Avec les offres indépendantes des opérateurs, ce coût dépend du forfait "datas". Enfin, il faut ajouter l'intégration. À titre d'exemple, Econocom commercialise, avec EcoMail HP, un service cumulant licence serveur (OneBridge de Sybase), intégration, location du terminal et forfait datas pour 50 euros par mois et par utilisateur. C'est le coût total moyen de possession d'une infrastructure d'e-mail en mode push.
Les principales offres de messagerie en mode push
Offre | Fournisseur | Compatibilité | Remarques | | Ecomail HP | Econocom | Toute messagerie | Offre basée sur OneBridge et un smart phone HP | | Messagerie Mobile Universelle | Bouygues Telecom | Exchange et Notes | Offre basée sur BlackBerry ou Smartner Duality | | OneBridge | iAnywhere Solutions | Toute messagerie | Middleware de synchronisation de données et accès aux applications métiers | | Lotus Notes 7 (en béta) | IBM | Lotus | Mode push intégré à la future version 7 de Notes | | Exchange 2003 et Windows Mobile 5.0 | Microsoft | Exchange | Le service pack 2 apporte le support du mode push | | Nokia Business Center | Nokia | Exchange (Notes prévu) | Accès aux applications métiers | | Orange Bureau | Orange | Exchange, Notes et Groupwise | Offre basée sur l'offre Magic Mobile d'Altexia | | BlackBerry | Exchange et Notes | Offre basée sur BlackBerry | | BlackBerry | RIM | Exchange et Notes | Accès aux applications métiers | | SFR Business Mail pour Smartphone | SFR | Exchange et Notes | Offre basée sur Visto Mobile | | SFR Business Mail pour BlackBerry | Offre basée sur BlackBerry | | Visto Mobile | Visto | Exchange et Notes | Accès prévu aux applications métiers. |
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