En séparant présentation et contenu, les outils de publication sur le web facilitent la mise à jour des sites et raccourcissent les délais de publication. Les éditeurs traditionnels sont fortement chahutés par des logiciels libres qui gagnent en maturité.
Les outils de gestion de contenu web (ou WCM, comme Web Content Management) permettent de créer et mettre à jour automatiquement des sites web, avec une séparation entre la présentation des pages et leur contenu. La façon dont ce dernier est affiché est spécifiée par des "gabarits", sortes de modèles paramétrables et réutilisables. L'ensemble du site bénéficie ainsi d'une parfaite homogénéité visuelle. On peut en outre confier sa conception à un spécialiste puis son alimentation aux différentes personnes concernées, qui n'auront plus à solliciter le service informatique. D'autant que ces outils distinguent les rôles - administrateur, auteur, validateur - et gèrent souvent des flux (ou workflows) d'approbation. Cette prise en compte de l'organisation de l'entreprise, associée à la simplification des mises à jour, permet de réduire les délais et les coûts de publication tout en améliorant la qualité du site. Les outils de WCM du marché (notre tableau) assurent également la gestion des profils et des droits des utilisateurs auxquels il est ainsi possible de réserver des zones du site. On peut en outre, à partir du même outil, générer différents sites éventuellement multilingues, par exemple un intranet, un extranet, une boutique virtuelle et un site institutionnel.
Comparer l'ensemble des coûts
Sur le marché du WCM, logiciels libres et éditeurs sont en concurrence frontale. Ces derniers, handicapés par le coût des licences souvent supérieur à 50 000 euros, mettent en avant des coûts de possession équivalents à leurs concurrents gratuits. "Notre produit est mieux packagé et mieux fini. De plus, la personnalisation se fait sans programmation, en modifiant des wizards", affirme François Pichon (photo), directeur marketing chez Open Text. Mais il faut inclure le coût des services, que les SSII sont plus enclins à facturer aux prix forts quand le logiciel est cher. Autre argument des éditeurs : la synergie entre les offres de gestion de contenu web et d'ECM (Enterprise Content Management), grâce à la mise en commun de la base de documents et des circuits de révision et d'approbation.
"L'étape de l'ECM n'est pas toujours nécessaire. Elle le devient par exemple lorsque l'on veut construire une base de connaissances que l'on publiera vers différentes cibles internes et externes", note Patrice Bertrand, directeur associé de Smile. Chez Vignette, Eric Mulot, consultant avant-vente, évoque pour sa part des fonctionnalités rares ou inexistantes sur les outils open source : "Vignette Content Management est capable d'adapter la présentation au type de terminal - PC, PDA ou téléphone mobile, dont il reconnaît tous les modèles".
Des logiciels libres de plus en plus sophistiqués
Mais la supposée supériorité fonctionnelle des outils commerciaux est de plus en plus contestée car les logiciels libres ne cessent de progresser. Ainsi, Alfresco (en technologie J2EE) ou Typo3 (en PHP) sont utilisés par de très grandes entreprises, aussi bien que par des PME. En particulier, Typo 3, qui a le vent en poupe, bénéficie d'une communauté très structurée. "Organisée de façon pyramidale, la communauté Typo 3 fonctionne un peu comme un éditeur, avec un seul site qui centralise les mises à jour et les 1 400 extensions disponibles", précise Christophe Delauve (photo), directeur commercial de Onext Content System. En revanche, d'autres outils sont plutôt basiques. "C'est le cas de SPIP qui est souvent choisi par des entreprises cherchant, avant même la gratuité, une solution alliant simplicité et efficacité", constate Patrice Bertrand.
Côté pérennité, l'avantage revient a priori aux éditeurs, qui abandonnent rarement leurs produits, même une fois rachetés. "Mais lorsque cela arrive, c'est brutal, alors que, au pire, les logiciels libres sont progressivement délaissés par la communauté", estime Patrice Bertrand. Mais cela arrive souvent. Ainsi, on ne parle plus guère de RedHat CCM ou OpenCMS qui tenaient le haut du pavé il y a trois ans. Heureusement, la norme JCR 170, qui spécifie le format et l'accès aux données, facilite la migration d'un outil à l'autre. "Pour l'instant, seuls les outils de WCM sur plate-forme J2EE la supportent mais rien n'interdit de l'implémenter sur des outils PHP", affirme Christophe Delauve.
Quelques outils open source et commerciaux de gestion de contenus web
Prestataire | Fournisseur | Type | Bases de données | Remarques | | Alfresco | Logiciel libre | J2EE | MySQL | Orienté vers la gestion documentaire | | Infoglue | Logiciel libre | J2EE | Principaux SGBD | Très polyvalent | | Easy Publish | Logiciel libre (l'éditeur Easy Systems, ne fait payer que le support) | PHP | Principaux SGBD | Intègre des fonctions qui l'apparentent à un outil d'ECM | | Web site Manager | Filenet | J2EE | Principaux SGBD | Synergie avec offre d'ECM | | Jahia | Jahia Solutions Group (mais code source gratuit pour la version de base) | J2EE | Principaux SGBD | Cumule un moteur de portail et des fonctions de gestion de contenu | | Lenya | Logiciel libre (fondation Apache) | J2EE | XML (pas de base de données) | Tout le contenu et les méta-données sont décrits en XML | | ExoPortal | Logiciel Libre (consortium ObjectWeb) | J2EE | Principaux SGBD | Cumule un moteur de portail et des fonctions d'ECM | Microsoft CMS
| Microsoft | .NET | SQL Server | Microsoft met aussi en avant SharePoint Portal Server qui est plutôt un portail collaboratif | | LiveLink for Web Content Management | Open Text | J2EE | SGBD commerciaux | Synergie avec offre d'ECM | | Spip | Logiciel libre | PHP | MySQL | Basique et adapté aux petits sites | | Typo 3 | Logiciel libre | PHP | MySQL | Communauté très structurée et nombreuses extensions | | Vignette Content Management | Vignette | J2EE | SGBD commerciaux | Synergie avec offre d'ECM |
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