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Françoise Payen


27/09/2006

Formule 1 : les télécoms sur la grille de départ

L'écurie Mac Laren Mercedes mise sur des télécommunications performantes pour rendre ses monoplaces encore plus compétitives. Le traitement en temps réel des données pendant la course est décisif.

Chez Mac Laren Mercedes - deuxième au classement des constructeurs du championnat du monde de Formule 1 en 2005, et actuellement troisième derrière Ferrari et Renault - rien n'est négligé pour améliorer les performances de l'écurie, et surtout pas les télécommunications. "En 2005, lors du grand prix de Monaco, nos équipes techniques ont conseillé à Kimi Raikkonen de différer son arrêt au stand et de poursuivre sans changer les pneus de sa voiture : il a gagné la course", se rappelle Ian Burgess, IT Manager pour l'écurie Mac Laren Mercedes. Les trois pilotes de l'écurie anglo-allemande bénéficient, de fait, en temps réel, d'une assistance technique et stratégique particulièrement pointue pour gérer leur course.

 

Pilotage ''assisté'' en temps réel

 

Grâce au réseau de télécommunications mis en place par l'écurie, l'ensemble des savoir-faire qu'elle réunit, et qui pour la plupart ne sont pas présents sur le circuit, peuvent intervenir pendant le déroulement des courses et des séances d'essais. Car le pilote qui communique avec son stand est également en lien permanent avec les équipes d'ingénieurs restées au Royaume-Uni, au Centre Technologique de Woking, dans la banlieue de Londres, ou à l'usine de Northampton, voire en Allemagne à Stuttgart, où sont installées une partie des équipes de Mercedes-Benz. Grâce à de puissants moyens informatiques, ces ingénieurs analysent en temps réel l'ensemble des données télémétriques transmises par chaque monoplace et effectuent si besoin des simulations.

 

La quantité de données à traiter est considérable : "Si l'on devait imprimer sur des feuilles A4 la totalité des informations recueillies à l'occasion d'un grand prix, la pile constituée serait de la hauteur de l'Empire State Building ! ", assure Ian Burgess. Ces données acheminées par le réseau lors des séances d'essais servent à réaliser les réglages définitifs pour la course et à intervenir pendant la course. Elles sont aussi utilisées par les équipes qui travaillent à plus long terme à l'amélioration des performances des châssis et moteurs des monoplaces.

 

La course de vitesse, pour les données aussi

 

"Le traitement des données en temps réel permet, grâce aux capteurs installés à bord et aux indications fournies par le pilote, d'identifier des problèmes avant qu'ils ne se manifestent", explique Ian Burgess (photo). Une autre course de vitesse se déroule donc parallèlement dans les tuyaux où circulent les données qui vont permettre aux équipes distantes d'agir sur les paramètres de la course. "Le stand et les voitures sont comme des bureaux distants reliés à notre réseau international de données, à la différence que ces bureaux changent de localisation autour du monde à chaque Grand Prix, soit 18 fois dans la saison en 2006. Cette itinérance fait qu'il ne serait pas économiquement pertinent d'installer des liaisons large bande sur un circuit, uniquement pour la durée des essais et du Grand Prix. Nous avons donc recours à des technologies plus traditionnelles déjà présentes sur les lieux, comme le RNIS ou le DSL", précise le responsable.

 

Pour permettre à ces sites distants et mobiles de communiquer avec les "centres nerveux'' de l'écurie, les voitures sont équipées d'antennes Wi-Fi et les stands de routeurs Cisco, connectés au réseau de transport d'AT&T via des liens DSL de 2 Mbps (ou RNIS si aucun lien DSL n'est disponible). Les données sont ensuite échangées à travers le réseau international IP VPN d'AT&T relié au siège de Mac Laren par des liaisons Ethernet à 10 Mbps. Les ingénieurs peuvent ainsi se connecter en RTC, Wi-Fi ou en GPRS à partir de tout point dans le monde et intervenir en temps réel sur la conduite de la voiture. "Nous avons choisi AT&T, avec qui nous travaillons depuis le début de la saison 2005, en raison de sa très large présence internationale, qui nous permet de nous approcher, sur tous les continents, au plus près des différents circuits du championnat du monde", indique Ian Burgess. "AT&T a en outre été en mesure de mettre en oeuvre un certain nombre de dispositifs pour compenser le manque relatif de largeur de bande sur les circuits, notamment des outils pour gérer les différents flux et définir des priorités entre ceux-ci, afin d'accélérer la circulation des flux urgents comme les données télémétriques".

 

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