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Par

Thierry Lévy-Abégnoli


22/11/2006

Portrait : un DSI met du high-tech dans sa mairie

A 31 ans, David Larose est DSI d'une mairie du 93. Et fier de l'être ! Beaucoup de PME pourraient lui envier un système d'information passé en trois ans de l'âge de pierre à l'ère de l'intranet, de la ToIP, de la fibre optique et du travail collaboratif.

"Rien ne me prédestinait à entrer dans la fonction publique pour devenir DSI d'une mairie", déclare d'emblée David Larose, titulaire d'un IUP et d'un DESS d'informatique fondamentale. Rien, et certainement pas son poste précédent - consultant chez Altran Technologies - qui préfigurait une belle carrière dans le privé. Mais le hasard changera la donne. En 2002, Altran l'envoie réaliser un audit de l'informatique de l'Office Public des HLM de Drancy (Seine-Saint-Denis), mission qui l'amène à voir l'informatique de la mairie de Drancy, ville dont il est justement originaire. "Lorsque j'ai vu dans quel état elle était, cela m'a fait mal au coeur", se souvient David Larose, qui se met alors en tête de "faire quelque chose". Le réseau était encore en Token Ring et sous Netware, les applications en client / serveur et les PC vieillissants.

 

Un manque de volonté initial

 

"Ce n'était pas un problème de budget mais de manque volonté de la part du syndicat intercommunal qui gérait l'informatique", affirme le jeune homme, qui parvient à convaincre le maire et le directeur général des services (DGS) de doter la collectivité d'un système d'information digne de ce nom. Il se fait embaucher en tant que contractuel, est nommé DSI quelques mois plus tard et deviendra titulaire en 2006, après avoir passé le concours de la fonction publique. Et voila comment un brillant ingénieur de 26 ans, amateur de sports de glisse et de photo, amoureux des bonzaïs, fan de philosophie bouddhique et du jeu en ligne World of Warcraft, devient fonctionnaire !

 

"Mais ayant connu le privé, je n'aurais pas peur d'y retourner", prévient-il, tout en ajoutant que son équipe et lui travaillent "comme des fous furieux". Une équipe qu'il a presque entièrement embauché lui-même, ne conservant que le plus âgé (55 ans), qui s'occupe aujourd'hui de l'e-administration. "Passé par tous les services de la mairie, il avait accumulé une précieuse connaissance transversale", précise David Larose (photo).

 

Un retard de vingt ans comblé en trois ans

 

Très vite, plusieurs chantiers sont lancés dans le cadre d'un plan directeur couvrant la période 2002-2006 : migration de Token Ring vers Ethernet, de RNIS vers le SDSL, de Netware vers Windows Server, Microsoft Active Directory, Linux et Samba, du client / serveur vers l'intranet ou encore, d'un PBX vieillissant vers un IP-PBX d'origine Avaya. Dans le même temps, le parc matériel est renouvelé et les annexes sont reliées via un réseau de fibre optique initialement déployé pour la télé-surveillance. Aujourd'hui, le parc de PC (450 postes) est en cours de migration vers Linux, excepté une vingtaine de machines dédiées aux VIP, déjà passées aux versions bêta de Windows Vista et Office 2007, tandis que le serveur de messagerie a migré vers Exchange Server 2007 (en version bêta également).

 

Sa plus grande fierté ? Celle d'avoir convaincu le maire et la DGS d'expérimenter le télétravail. "Nous avons montré que, grâce à l'IP-PBX et aux soft phones, au VPN et aux outils de travail collaboratif, il était possible d'être aussi productif, et souvent davantage, chez soi qu'à la mairie. Pour une collectivité dont les budgets sont limités, c'est un argument de recrutement", se réjouit David Larose. De plus, le télétravail a permis de gérer la croissance de l'effectif du service informatique, passé de 5 à 11 personnes alors que les locaux restaient inchangés. Le conseil qu'il donne à ses homologues évoluant dans des collectivités : rencontrer très régulièrement leur hiérarchie et leur parler en français, afin de la convaincre de l'importance de l'informatique. "Lorsque je propose un projet au maire et au DGS, j'expose les avantages, l'impact budgétaire et organisationnel et le ROI, sans prononcer aucun mot technique", précise-t-il.

 

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