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Par

Thierry Lévy-Abégnoli


07/03/2007

Développements spécifiques contre progiciel : Avanade relance le débat

Selon une étude, les grandes entreprises reviennent aux développements spécifiques tandis que les PME privilégient les ERP uniques. Des conclusions contestées par Oracle et Euriware.

1. Le spécifique en hausse dans les grandes structures

 

Selon une étude récemment publiée par l'intégrateur Avanade (dont il faut rappeler que son offre de services est très orientée Microsoft), les grandes entreprises reviendraient aux développements spécifiques, tandis que les PME adopteraient massivement les progiciels de gestion intégrés (PGI). L'enquête porte sur 756 projets européens (dont 30 % français) réalisés dans des grands comptes et de grosses PME (chiffre d'affaires supérieur à 100 millions d'euros). Parmi les premiers, la demande pour des développements spécifiques est ainsi passée de 26 % des projets en 2001 à 53 % en 2006.

 

Une tendance à nuancer. "Elle ne concerne pas les grands domaines comme la gestion des ressources humaines ou la finance, mais plutôt ceux liés au métier de l'entreprise, pour lesquels l'informatique constitue un avantage compétitif. Le spécifique est alors souvent mis en concurrence avec un PGI et se révèle finalement moins coûteux lorsqu'il s'agit d'offrir des fonctionnalités très proches des demandes des utilisateurs", estime François Matte (photo), directeur de la division Solution Business Applications chez Avanade, qui admet toutefois qu'à moyen terme, la maintenance de l'application peut ensuite se révéler plus coûteuse qu'avec un progiciel.

 

Chez Euriware, on tente une ébauche d'explication aux résultats de cette étude jugés surprenants. "Les grands comptes ont un existant qu'ils doivent absolument faire évoluer ou, quand il est trop difficile de migrer vers un PGI, refondre sous J2EE ou .NET, ce qui génère une forte demande en spécifique. Mais la tendance reste aux progiciels", avance Jean-Bernard Franck (photo), directeur intégration de systèmes. La position d'Oracle est plus tranchée.

 

"Nous constatons plutôt une disparition progressive du spécifique, y compris dans des domaines très orientés métiers, comme la gestion de comptes bancaires", affirme ainsi Gilles Laforêt, directeur des consultants ventes applications chez Oracle.

 

2. Le ''best of breed'' devient la règle

 

En revanche, Oracle et Avanade se rejoignent sur un point : pour les applications non spécifiques, qui constituent encore près de 50 % des projets d'Avanade, pratiquement aucun grand compte ne fait le choix d'un seul et unique ERP. Non seulement à cause du poids de l'existant mais aussi parce que ces entreprises souhaitent bénéficier du meilleur produit dans chaque domaine (on parle de best of breed). De fait, cette stratégie nécessite un important effort d'intégration (réalisée via des outils d'EAI ou des architectures SOA) qui constitue un business important pour les grandes SSII.

 

3. Les grosses PME optent pour un ERP unique

 

L'étude menée par Avanade montre une situation très différente dans les grosses PME. "Encore sous-équipées en PGI, beaucoup d'entre elles ont un existant composé d'applications spécifiques ou de plusieurs progiciels, peu ou pas du tout intégrés entre eux. Mais à l'heure du choix, la majorité se tourne vers un ERP unique, d'autant que ces progiciels sont devenus financièrement accessibles", affirme François Matte. Allusion non voilée à l'offre de Microsoft, privilégiée par Avanade.

 

Il reste que l'option best of breed génère effectivement des coûts d'intégration et des délais de mise en oeuvre incompatibles avec les moyens de nombre de PME. Au contraire, l'approche progiciel unique est aujourd'hui facilitée par une verticalisation de l'offre. Le PGI englobe alors la logistique, la finance, la gestion de production, la gestion des achats ou encore la chaîne logistique.

 

Quelques fonctions échappent toutefois à cette règle. "C'est le cas de la gestion de la relation client, des ressources humaines ou de la paye, qui sont souvent confiées à un progiciel dédié, voire externalisées", affirme Gilles Laforêt (photo).

 

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