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Par
Frédéric Bordage


26/09/2007

Microformats : plus de sens aux pages web

Avec les microformats, le web se transforme en une vaste collection d'objets - cartes de visite, CV, produits... - accessibles à tous. Pour encore plus d'interactivité entre internautes. Bienvenue dans le web 3.0 !

Imaginez que votre navigateur vous permette d'ajouter des coordonnées publiées sur une page web en un clic dans votre carnet d'adresses Outlook ou GMail. Imaginez que Google propose les mêmes services que les sites d'annonces immobilières, d'offres d'emploi et les comparateurs de prix réunis au sein d'un seul moteur de recherche. Imaginez enfin qu'il ne faille qu'un clic pour ajouter tous les détails logistiques de votre séjour en vacances (dates, hôtels, billets d'avion et de train...) dans l'agenda de votre PDA. Ces scénarios ne sont plus de la science-fiction ! C'est ce que permettent les microformats.

La base technique du web 3.0

Les microformats sont la base technique du "web 3.0", une nouvelle approche pragmatique du web sémantique. "Ils pourraient remplacer le standard RDF (Resource Description Framework) du W3C dont la mise en oeuvre est trop lourde et trop complexe", analyse Sami Jaber (photo), fondateur de DNG Consulting, un cabinet de conseil spécialisé dans les architectures web 2.0. Concrètement, les microformats sont des "tags" que l'on insère dans le code des pages web pour préciser le contenu des balises HTML. Ces tags n'apparaissent pas à l'écran car leur rôle est uniquement d'indiquer le type de données structurées que contiennent les éléments HTML (div et span). Ils ne sont pas lus par des humaine, mais par des logiciels : navigateurs et moteurs de recherche.

Attendus pour la fin de l'année, les navigateurs de nouvelle génération - Internet Explorer 8 et Firefox 3 - supporteront nativement les microformats. Ils pourront ainsi repérer immédiatement un objet - adresse via le tag "hCard", CV via "hResume", évaluation d'un produit via "hReview", etc. et seront ainsi capables de "passer" cet objet aux divers logiciels clients : carnet d'adresses, agenda, etc.

Différents types de microformats

Il existe plusieurs catégories de microformats. Les "simples" comme rel-tag, xoxo, xfn, rel-licence définissent des types d'objets très simples. Rel-tag indique par exemple qu'un mot qui s'affiche à l'écran est un tag qui définit le contenu de la page ou d'un article. Rel-tag peut être utilisé par les bases de données de favoris en ligne (del.icio.us par exemple) ou de photos (Flickr), pour effectuer une recherche complémentaire en un clic. Les objets plus complexes comme les CV, adresses, événements, etc. reposent sur des microformats "composés" qui intègrent différents microformats "simples". hResume s'appuie par exemple sur hCard (coordonnées), hCalendar (événements), et rel-tag (mots-clés) pour encoder un curriculum vitae.

En exposant ainsi des structures de données formellement définies, le site web qui recourt aux microformats augmente l'interactivité avec l'internaute. Il donne aussi la possibilité aux moteurs de recherche d'étendre leur domaine d'activité. En effet, jusqu'à présent les moteurs de recherche se limitaient à l'indexation des textes contenus dans les pages web. Ils calculent la densité de liens et de mots-clés des pages pour créer un index permettant de les retrouver. Avec les microformats, les moteurs indexent des objets dans des bases de données. Comme ils travaillent à partir d'une information formelle, ils peuvent constituer des bases de données thématiques - emploi, immobilier, produits et services, personnes, etc.- sans difficulté. La recherche dans une telle base de données donne des résultats bien plus pertinents qu'une indexation traditionnelle en mode "full text".

Reste que, même s'il existe une vingtaine de microformats à l'heure actuelle, "les plus utilisés sont trop souvent techniques et liés aux habitudes du web 2.0 : réseau social, géolocalisation, etc.", déplore Sami Jaber. "Il reste donc à développer des formats métier : e-commerce, format de catalogues en ligne standards, paiement, etc. Google deviendrait alors un vaste outil de recherche de produits dans de vrais catalogues en ligne construits à partir de simples pages HTML", analyse le spécialiste.

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