La conférence Le Web 3 a réuni la semaine dernière à Paris 1 800 investisseurs, startups, entreprises et journalistes des quatre coins de l'Europe pour faire un point complet sur l'avenir du web. Très ouvertes et de grande qualité, les conférences ont abordé des thèmes divers allant de l'impact social du web 2.0 à la convergence fixe-mobile. Quatre grandes tendances ont marqué cette quatrième édition : la virtualisation ; la convergence PC-mobile ; la convergence des médias ; l'explosion du nombre d'objets connectés.
Du côté de la virtualisation, la startup G.ho.st et l'éditeur français Exo ont présenté leur webOS. Il s'agit d'un système d'exploitation qui s'exécute directement dans le navigateur. Exo est clairement en avance sur le marché des entreprises avec certains déploiements dépassant 30 000 postes de travail. Mais la virtualisation prend aussi des allures plus subjectives. Un réseau social comme Facebook peut en effet être considéré comme "le poste de pilotage" de la vie numérique d'un utilisateur. Il ne manque pas grand chose pour que, comme dans Netvibes, on puisse y lire ses e-mails, flux RSS, dialoguer en temps réel avec ses amis, etc. En fait, Facebook concentrera certainement à terme tous les contenus et services en ligne autour de chaque individu.
Pour de nombreux intervenants, le web 3.0 est celui des terminaux IP mobiles multimédias. Il ne se met en place que maintenant car en 2008, tous les téléphones portables de nouvelle génération supporteront xHTML. Les applications pour téléphones mobiles reposeront donc exactement sur les mêmes technologies que les sites web actuels : RIA DHTML / AJAX, Flex, Silverlight, etc. La principale difficulté est surtout de pouvoir apporter les bons services et contenus aux bonnes personnes au bon moment. D'où l'intérêt des interfaces du web 2.0 telles que Netvibes ou Facebook qui concentrent de nombreux micro-services quotidiens sur un bureau virtuel propre à chaque individu. C'est d'ailleurs la startup toulousaine Goojet qui a reçu le premier prix du concours organisé à l'occasion de la conférence. Cette dernière propose un condensé de Facebook et Netvibes sur un téléphone mobile.
Autre tendance intéressante de la conférence : l'explosion du nombre d'objets connectés (en IP). Fondateur de la startup Violet, Rafi Haladjian a présenté son lapin IP Nabaztag. De plus en plus intelligent, ce dernier permet de lire un livre grâce à un simple tag RFID collé sur le livre. Le lapin va automatiquement chercher le contenu du livre sur un serveur quelque part sur internet, puis il le lit de sa voix de synthèse. A terme, de nombreux "objets IP" comme le lapin Nabaztag devraient apparaître. Ce qui repose le problème d'adressage IP. C'est d'ailleurs exactement pour cette raison que Free vient de passer toutes ses nouvelles box sous IPv6.
Enfin, la conférence a aussi fait une place aux médias, ou plutôt à la désintégration des médias tels que nous les connaissons aujourd'hui. Pour les différents intervenants, le constat est clair : la convergence PC-mobile-console de jeux-TV vers des terminaux "tout IP" et le recentrage de la toile autour des internautes imposent de repenser la relation des médias avec leur public. Aussi controversée soit-elle, l'histoire du web 3.0 ne fait donc que commencer.
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