Sur le principe des serveurs lames, on a vu apparaître chez le précurseur ClearCube puis chez HP, des châssis de PC lames destinés à centraliser l'infrastructure des postes de travail, chaque lame étant alors dédiée à un utilisateur. Ces produits se distinguent tout d'abord des serveurs lames par un plus grand nombre d'emplacements. Le HP BladeSystem PC, dont le format est de 3U, reçoit ainsi jusqu'à vingt lames.
Chez ClearCube, le châssis est un peu plus grand (4U) et n'accueille que dix lames mais la densité reste supérieure à celle des châssis orientés serveurs, deux à trois fois plus imposants. L'autre différence se situe au niveau des lames elles-mêmes dont le processeur est généralement de type PC - AMD Athlon 64 chez HP, Intel Core 2 Duo chez ClearCube - même si les deux constructeurs proposent également des produits basés sur des Intel Xeon. Ces lames incluent en outre une carte graphique Nvidia ou un puissant chipset ATI.
Le même coût qu'un PC classique
Mais le châssis et les lames ne suffisent pas. Il faut ajouter un client léger pour rendre accessible aux utilisateurs ce poste de travail centralisé. Au final, le coût total est du même ordre que celui d'un PC classique. Tandis que les avantages se mesurent en termes de sécurité, de disponibilité ou de maintenance matérielle. ClearCube s'appuie ainsi sur une étude IDC qui montre que, dans les entreprises ayant adopté sa solution, le taux de disponibilité atteint 99,7 % alors qu'il était de 98,8 % avec des PC classiques.
Mais la comparaison n'a pas été faite avec les infrastructures qui centralisent le poste de travail en le virtualisant sous VMware. Ces solutions permettent une mutualisation des ressources bien plus importante puisque aucune n'est physiquement dédiée à un utilisateur. "Les PC lames s'adressent à des utilisateurs ayant un besoin important de puissance, il leur faut justement des ressources dédiées", rétorque Antoine Magnan (photo), chef de produits PC professionnels chez HP.
La virtualisation mieux armée
Selon Chrystel Daverdin (photo), consultant chez Kappa, l'argument ne tient pourtant pas : "il est tout à fait possible, sous VMware, de dédier de la mémoire et de la puissance de traitement, voire un processeur entier, à un PC virtuel. La mutualisation est poussée très loin puisque l'infrastructure VMware déjà déployée pour les serveurs peut être exploitée afin de virtualiser des PC. Avec des lames, la mutualisation se limite au contraire aux seuls postes de travail, qui plus est, à leur alimentation et à leur ventilation". Autre défaut avancé : l'entreprise est enfermée dans une solution propriétaire puisqu'il n'est pas possible de mixer des châssis et des lames d'origines différentes.
Quant à l'argument de la sécurité et de la disponibilité, la lame fait effectivement mieux que le PC classique, notamment en profitant de l'environnement protégé d'une salle informatique et en permettant le redémarrage sur une autre lame en cas d'incident. Mais là encore, la virtualisation prend une longueur d'avance, par exemple en assurant le redémarrage d'un PC virtuel sur un système éventuellement distant. Finalement, hormis quelques niches comme les postes de travail d'ingénieurs ou de traders, on voit mal comment le PC lame pourrait percer.
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