Sans être alarmiste, l'OCDE rappelle dans un récent rapport que 85 % des adresses IP (le numéro qui identifie chaque matériel informatique connecté à internet) sont déjà attribuées. Au rythme actuel des besoins, l'ensemble des adresses seront épuisées dans trois ans. Or, entre le développement des pays émergents et l'explosion du nombre de périphériques connectés, la situation pourrait se dégrader plus vite que prévu. Pour l'OCDE, la seule façon de faire face à cette future crise est d'accélérer la migration du protocole IPv4 à IPv6. Tandis qu'IPv4 n'autorise que quatre milliards d'adresses différentes, IPv6 en propose plusieurs milliards de milliards... de quoi voir venir.
Les fournisseurs d'accès à internet (FAI) sont malheureusement très en retard dans cette migration vers IPv6. C'est donc aux gouvernements et aux institutions publiques de montrer l'exemple et de migrer rapidement leurs infrastructures, estime l'OCDE. Mais la plupart hésitent à le faire devant le coût de la migration. Il faut en effet changer toute l'infrastructure active du réseau (notre article). Comparée à d'autres pays, la France est un mauvais élève dans la migration vers IPv6. Le Japon, la Corée, la Chine et les Etats-Unis sont en avance dans ce domaine. Ainsi, aux USA, les agences gouvernementales devraient toutes utiliser IPv6 à partir du mois de juillet prochain.
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