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Emploi : pas de hausse de salaires dans l'informatique
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Symbolique, l’augmentation moyenne de 2,8% des cadres informatiques en 2010 ne corrige même pas l’inflation. Pourtant, les entreprises peinent à recruter. Un paradoxe bien français. |
C'est un paradoxe bien français. Selon l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), le nombre de postes à pourvoir dans le secteur informatique a augmenté de 66 % sur les douze derniers mois et 44 % des entreprises peinent à recruter un informaticien dans près d'un cas sur deux. Logiquement, cette tension entre l'offre et la demande de compétences devrait faire augmenter les salaires, notamment à l'embauche. Pourtant, la rémunération moyenne des cadres informaticiens n'a progressé que de 2,8 % sur la même période. C'est-à-dire moins que l'inflation.
Toutes fonctions informatiques confondues, les cadres informaticiens ont été augmentés, en moyenne, de 1 000 euros sur une rémunération annuelle brute de 36 000 euros. C'est 1 000 euros de moins que la moyenne des cadres en France. Pire, le salaire moyen à l'embauche n'est que de 35 000 euros.
Pour toucher un bon salaire, mieux vaut travailler dans la maîtrise d'ouvrage et fonctionnelle (40 000 euros annuels) que dans le web, le développement logiciel, ou l'administration systèmes et réseaux (33 000 euros). Ces fonctions les moins bien payées sont aussi celles où les entreprises ont le plus de mal à recruter.
L'Apec explique ce paradoxe en rappelant que l'écart des salaires par rapport à la moyenne varie d'abord en fonction du niveau d'expérience et d'expertise (33 % des cas). Les tensions entre l'offre et la demande ne pèsent finalement que dans 20 % des recrutements. Et moins de deux entreprises sur dix s'alignent sur les prétentions salariales des candidats. Bref, les employeurs potentiels regrettent de ne pas trouver chaussures à leurs pieds, mais ils refusent en même temps de payer les cadres informaticiens à leur juste valeur.
Face à ces difficultés de recrutement, neuf entreprises sur dix ont distribué des augmentations. Les DSI tentent ainsi de fidéliser les équipes en place en les rétribuant plus largement : 45 % des cadres informaticiens ont été augmentés en 2010 contre 34 % en 2009. Mais, trop faible (+ 2,8 % en 2010), l'augmentation ne sera, à coup sûr, pas suffisante pour fidéliser les meilleurs éléments.
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