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Memristor : HP double la densité de la mémoire flash
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Combinant mémoire et transistor, ce nouveau composant va révolutionner la façon de stocker des données et de concevoir les microprocesseurs. À l'origine de la découverte, HP annonce une production en volume d'ici trois ans. |
La mémoire flash (NAND) utilisée aujourd'hui sur les cartes SD, les clés USB et les SSD (Solid State Drive) possède certaines limitations en termes de capacité et surtout de durabilité. Elle ne supporte que 100 000 cycles d'écriture. Pire, elle se dégrade progressivement dans le temps, ce qui oblige les fabricants à intégrer plus de capacité qu'officiellement vendue. Cette surcapacité ne permet pas d'atteindre une densité optimale des puces. C'est pour répondre à ces limites que HP a annoncé il y a deux ans (avril 2008) les "memristors".
HP teste actuellement ce nouveau composant électronique pour passer à une production en volume dès 2013. La technologie Memristor – contraction de "memory" et de "resistor" – consiste à fabriquer des treillis de nanofils de dioxyde de titane (50 nanomètres) auxquels on a enlevé les molécules d'oxygène. Le passage dans ces fils d'un courant électrique change leur structure, ce qui permet de récréer le principe de porte binaire sur lequel repose toute l'informatique.
Cette approche à plusieurs avantages. Elle supporte un million de cycles de lecture-écriture, soit dix fois plus que la mémoire NAND. HP devrait donc proposer des mémoires à la durée de vie bien plus longue que les mémoires NAND actuelles. Autre atout, la mémoire fonctionnant plus longtemps sans détérioration, la densité des puces memristor peut atteindre 20 Go / cm2 en empilant les treillis de nanofils, soit le double des capacités de la mémoire flash en 2013. Au final, une puce memristor devrait être de cinq à dix fois plus petite qu'une puce NAND pour la même capacité de stockage.
Autre propriété particulièrement intéressante : les memristors peuvent être intégrés directement dans un microprocesseur. Pour l'instant, la mémoire vive et le microprocesseur sont séparés. Toutes les données passent donc de la mémoire vive vers le microprocesseur via un bus d'échange qui représente un goulet d'étranglement. HP a montré une architecture dans laquelle les memristors remplacent le bus d'échange, jouant le rôle de synapses qui relient les neurones (unités de traitement du microprocesseur) comme dans un cerveau humain. Les analystes y voient deux attraits majeurs. D'une part, on peut éteindre et allumer l'ordinateur instantanément car un memristor est une mémoire non volatile. D'autre part, cette architecture consomme moins d'énergie et elle serait dix fois plus rapide pour le traitement de certaines tâches complexes telles que la modélisation.
"Notre cerveau est constitué de memristors" explique Leon Chua, professeur à l'université de Berkeley qui a découvert cette technologie il y a 39 ans. "Ce fonctionnement est très différent de l'ordinateur binaire de von Neumann. Nous pourrions donc voir apparaître dans les années à venir des ordinateurs qui s'inspirent du cerveau humain" précise-t-il. De quoi changer radicalement l'informatique. Car cela revient à passer du jour au lendemain des cartes perforées au cloud computing.
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