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Microsoft rachète 667 000 adresses IPv4 à prix d'or
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Spéculation ou anticipation de la pénurie annoncée ? Microsoft a déboursé 7,5 millions de dollars pour disposer d’une réserve d’adresses IPv4. |
Les adresses IP sont en voie d'extinction accélérée. Les derniers blocs IPv4 ont été alloués le mois dernier par l'Icann, l'autorité suprême de régulation de l'internet, à cinq Registres Internet Régionaux (RIR). "La réserve de quatre milliards d'adresses internet a été épuisée ce matin" constatait le 3 février dernier Rod Beckstrom, le président de l'Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers). Autrement dit, sauf à utiliser le nouveau protocole IPv6 (notre article : IPv6, migrez séparément infrastructures et applications), il sera bientôt impossible de raccorder de nouveaux serveurs et autres box internet au réseau mondial.
Dans la pratique, quelques dizaines de millions d'adresses IPv4 sont encore disponibles. Mais avec le développement des terminaux mobiles connectés, l'essor du machine-to-machine (M2M), et l'équipement accéléré des pays émergents, elles ne représentent qu'une goutte d'eau comparées aux 4,3 milliards d'adresses disponibles il y a 30 ans.
Conséquence ? Le prix des dernières adresses IPv4 est en train de s'envoler. En témoigne l'achat récent de Microsoft. Pour la "modique" somme de 7,5 millions de dollars, l'éditeur s'est octroyé de 667 224 adresses appartenant initialement à Nortel. Ce deal valorise chaque adresse IPv4 à 11,25 dollars, soit plus qu'un nom de domaine. L'internet vaut donc 43 milliards de dollars !
Techniquement, la cohabitation entre IPv6 et IPv4 ne pose théoriquement pas de problème au niveau du réseau local de l'entreprise. Les dernières versions de Windows (Vista, 7, Server 2008) intègrent par exemple IPv6 nativement. IPv6 améliorera les performances de certaines applications – téléphonie IP, peer-to-peer, sites web – en supprimant les différentes translations d'adresses utilisées en IPv4.
Alors pourquoi les entreprises rechignent-elles à migrer ? La migration des firmwares des routeurs et autres éléments actifs du réseau vers IPv6 est souvent payante. Et certains matériels anciens ne peuvent pas être mis à jour. Par ailleurs, "pour connecter des machines IPv6 à l'Internet lorsque le FAI ne propose toujours pas IPv6, on utilise des tunnels qui dégradent les performances » remarque Stéphane Bortzmeyer, architecte systèmes et réseaux à l'AFNIC. "La solution est simple, l'IPv6 natif" conclut-il.
Article mis à jour le 31/03 à 14h15
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