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Une place de marché pour les adresses IP v4

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Par Alain Bastide le 04/05/2011 - indexel.net
 
Ipv4

Face à la pénurie d’adresses IPv4, le site TradeIPv4.com propose un lieu de rencontre entre l’offre et la demande d’adresses d’occasion. Une démarche qui pourrait être interdite dans certains pays pour assurer la stabilité de l’internet.

 

Les derniers blocs IPv4 ont été alloués en février 2011 par l'Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), l'autorité suprême de régulation de l'internet, à cinq Registres Internet Régionaux (RIR). "La réserve de quatre milliards d'adresses internet est épuisée" constatait le 3 février dernier Rod Beckstrom, le président de l'Icann. En prévision, Microsoft a racheté à prix d'or 667 000 adresses IPv4.

La spéculation s'intensifie encore avec le lancement fin mars du site TradeIPv4.com. Face à la pénurie de blocs d'adresses IP v4, cette place de marché propose un lieu de rencontre entre acheteurs et vendeurs d'adresses IP v4 d'occasion. Compte tenu de la situation, "le cours moyen de l'adresse IPv4 pourrait atteindre onze dollars", estime l'ISOC (Internet Society Association). Ce que confirment les premières enchères avec des coûts compris entre un et dix dollars (0,7 à 7 euros) pour des adresses de blocs situés en Amérique du Nord et en Asie Pacifique.

Contrairement aux noms de domaine (notre article : Un nouveau cadre légal pour les noms de domaine français), il n'existe pas de texte de loi qui régisse l'attribution des adresses internet. Cependant, ce marché secondaire est contraire à l'ensemble des procédures habituelles. "Pour que l'internet continue à bien fonctionner, notamment en termes de stabilité et de sécurité, il est impératif que ces adresses IP d'occasion soient réattribuées via l'un des cinq Registres Internet Régionaux", prévient l'ISOC.

Pour appuyer l'ISOC, le gouvernement canadien a déjà prévenu qu'il contesterait les transactions effectuées en dehors des cinq RIR. On attend encore la position officielle des États-Unis et des principaux pays asiatiques. Leurs décisions devraient fortement influencer les gouvernements européens, dont la France. Et relancer le débat sur la neutralité du net qui, rappelons-le, exclut toute discrimination à l'égard de la source, de la destination ou du contenu de l'information transmise sur le réseau des réseaux.

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