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APPLICATIONS

Concentration des éditeurs de PGI : quels risques pour les utilisateurs ?

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Par Thierry Lévy-Abégnoli le 12/04/2006 - indexel.net
 

Depuis deux ans, on assiste à une concentration des éditeurs de progiciels de gestion intégrés, qui cherchent à atteindre une masse critique tout en étendant leur couverture fonctionnelle. Les utilisateurs ne devraient pas en faire les frais, à condition de rester vigilants.

 

En deux ans, Oracle a racheté PeopleSoft, JDE et Siebel. SSA a fait l'acquisition de Baan, ePiphany et Marcam. Sage a absorbé Adonix. Tandis que Lawson et Intentia ont fusionné. En Europe, l'Allemand Infor Global Solutions (ex-Agilisys) s'est offert Datastream, Mapics et Geac. Quant au Français Cegid, il a racheté CCMX, Orli, CGO et plus récemment, GTI Industrie et PMI Soft. Derrière tous ces mouvements, on peut se demander quel est l'objectif des éditeurs, quelles craintes peuvent nourrir les utilisateurs ou quels bénéfices ils peuvent en tirer.

 

Racheter des bases installées ou des compétences

 

"Il existe deux stratégies de rachat. L'une consiste à acquérir une base installée, l'autre à compléter ses compétences dans un domaine fonctionnel ou technologique", explique Éric Ménard (photo), consultant chez Pierre Audoin Consultants (PAC). Les clients tirent profit de la première stratégie lorsque l'objectif est d'atteindre une taille critique qui garantit la pérennité des produits ou qui assure une meilleure proximité géographique. "Mais le rachat d'une base installée peut être la pire des stratégies lorsqu'il s'agit, pour le prédateur, de tirer profit d'une vache à lait. Car l'utilisateur paye alors la maintenance et le support sans que son logiciel évolue durablement. Ce fut longtemps la démarche de Computer Associates, mais aujourd'hui ce n'est pas celle de la plupart des éditeurs car la pression concurrentielle est devenue trop forte", estime Éric Ménard.

 

En l'occurrence, même après ses rachats, Oracle reste challenger de SAP et n'a donc pas intérêt à malmener ses clients. De fait, l'éditeur a annoncé une roadmap courant sur six ans (jusqu'en 2012/2013), ce qui est rarissime. D'ici 2008, il construira une nouvelle suite baptisée Fusion Applications qui absorbera progressivement tous les autres progiciels. Son modèle sera celui de l'Oracle eBusiness Suite, mais les modules ressources humaines de Peoplesoft et la gestion de la relation client de Siebel seront privilégiés. Certaines bases installées seront-elles contraintes à réaliser des migrations coûteuses et complexes ?

 

"De toute façon, l'ergonomie de Fusion Applications étant entièrement nouvelle, elle changera pour tout le monde. Quant à la migration des données, elle sera effectivement plus simple pour les clients d'Oracle ou de Siebel, mais nous fournirons des outils aux autres", précise Lionel Dubreuil (photo), chef de produits technologies des applications chez Oracle. D'ici la sortie de Fusion Applications, les différents progiciels bénéficieront, en outre, d'une toute dernière version en 2006, puis d'un support à vie grâce auquel les clients ne seront pas obligés de migrer rapidement.

 

L'ombre d'ententes entre poids lourds

 

Cegid affiche la même volonté de rassurer, tout en laissant également poindre la perspective d'une inévitable migration. "Pour bénéficier d'améliorations fonctionnelles majeures, les clients devront adopter la nouvelle gamme actuellement en préparation, mais nous leur éviterons une rupture brutale. De plus, durant quatre à six ans, nous assurerons la maintenance et les évolutions réglementaires ou indispensables de tous les anciens produits rachetés, qui pour la plupart étaient technologiquement vieillissants", affirme Patrick Bertrand (photo), directeur général du français Cegid, qui pèse aujourd'hui 224 millions d'euros de chiffre d'affaires.

 

Au-delà de la pérennité des produits, une autre problématique émerge. À force de concentration, le nombre d'acteurs se réduit. "A l'avenir, il pourrait donc y avoir des ententes tacites entre les éditeurs, comme cela se produit en téléphonie", affirme Mathieu Poujol (photo), consultant chez PAC. En ajoutant aussitôt : "Ce risque ne se concrétisera pas tout de suite car, sur le front des PGI, la bataille reste ardente. De plus, en France, ce sont les intégrateurs qui font le marché, davantage que les éditeurs". L'âge d'or des PGI est révolu. "On s'oriente vers des architectures orientées services dans lesquelles le spécifique, qui va désormais de pair avec industrialisation et développement composite, redevient pertinent. Les directeurs informatiques ont donc un choix de plus en plus vaste : ils ne devront pas craindre ces mouvements de concentration, à condition de rester très vigilants et de faire jouer la concurrence, sans hésiter à migrer vers un autre progiciel", affirme Éric Ménard.

 

 
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