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APPLICATIONS

Le marché du décisionnel a-t-il encore un avenir ?

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Par Marie Varandat le 13/12/2006 - indexel.net
 

Les outils du décisionnel vivent une phase critique. L'arrivée d'une offre de gestion de l'information au sens large met en danger les spécialistes de la "business intelligence".

 

Depuis quelques années déjà, on constate une présence grandissante des technologies statistiques et d'aide à la décision dans les offres informatiques : les outils d'administration embarquent désormais des solutions pour analyser et mesurer les fonctionnements des systèmes d'information, les offres de création de sites web ne se vendent plus sans un outil d'analyse de la fréquentation, les plates-formes de CRM ne se conçoivent plus sans une solution pour analyser le profil ou la fidélité client, etc. Concrètement, aujourd'hui tout porte à croire qu'un marché d'outils spécifiques et autonomes conçus par des éditeurs dédiés tels que Cognos, Hypérion ou Business Object, soit progressivement en train de disparaître au profit d'offres plus globales.

Prochaine étape : la gestion de l'information

Cette tendance est actuellement renforcée par les mouvements de trois grands éditeurs de l'infrastructure : IBM, Microsoft et Oracle. Depuis quelques temps ces trois acteurs s'intéressent en effet au marché de la gestion du contenu. Microsoft vient de consolider son offre avec la sortie de Windows Vista et Office 2007, deux outils dont la synergie révolutionne le concept de la gestion du contenu pour l'étendre à la gestion de l'information au sens très large. Un virage qu'IBM a également opéré depuis quelques temps déjà : le rachat de Filenet vient compléter celui d'Ascential , éditeur d'un ETL (Extract, Transform and Load) et d'EII (Enterprise Information Integration) placé désormais au coeur de la plate-forme de gestion d'information d'IBM.

Ces deux éditeurs mettent ainsi fin à un débat qui les opposaient aux acteurs de la GED (qui défendaient mordicus l'idée d'un référentiel central) : aujourd'hui grâce à un middleware, on peut interroger toutes les sources de données, structurées ou non, qu'il s'agisse de courriers électroniques, de serveurs de fichiers, de référentiels documentaires, de bases de données relationnelles, voire même le web grâce notamment à des accords passés avec Google chez IBM. Côté poste client, tous les outils sont également bons à prendre : portail, moteur de recherche, etc. Chez Microsoft, c'est SharePoint qui fait la jonction, se chargeant comme l'ETL d'Ascential de décomposer une requête pour l'adapter ensuite aux langages et technologies spécifiques à chaque source de données. Moins formalisée parce que l'offre ne bénéficie pas encore du même niveau d'intégration que chez ses concurrents, Oracle n'en dispose pas moins des outils pour arriver à cette gestion de l'information au sens large, outils renforcés par le rachat récent de Stellent et de Sunopsis.

Gagner en pertinence grâce au datamining et au MDM

En parallèle, IBM et Microsoft ont rapidement été confrontés aux limites de la consolidation d'informations hétérogènes. La comparaison de choux et de carottes ne donnant pas forcément une bonne soupe, l'incohérence est souvent au rendez-vous quand on s'amuse à consolider des informations non qualifiées et non modélisées pour un besoin donné. La réponse apportée par ces éditeurs tient en deux technologies : datamining et MDM (Master Data Management). La première se concrétise par une couche placée entre le middleware et l'outil client. Objectif : corréler les informations remontées de part et d'autre par des méthodes statistiques propres au datamining pour gagner en pertinence.

La seconde intervient directement sur la qualification des données. "La mise en place de telles infrastructures de gestion de l'information implique une documentation systématique de toutes les sources pour justifier chaque donnée, document, rapport, etc. En d'autres termes, on va assister à une véritable explosion des métadonnées en entreprise", explique Réda Gomery, directeur conseil de Micropole Univers, en charge de la Business Intelligence et du pilotage de la performance.

L'outil de restitution se banalise

Enfin, cette évolution vers des plates-formes de gestion de l'information au sens large s'attaque désormais aux outils de restitution utilisés par le décisionnel : reporting et analyse multidimensionnelle. Pour Tom Inman (photo), VP Marketing Information management d'IBM "les outils décisionnels clients constituent une autre façon d'exploiter l'information présente dans le système d'information au même titre que le portail ou le moteur de recherche". Raison pour laquelle d'ailleurs l'éditeur vient de nouer des accords de co-développement avec les deux leaders du marché du décisionnel : Cognos et Business Object.

Si IBM n'envisage pas dans l'immédiat de disposer de sa propre solution, il n'exclut toutefois pas l'idée d'un rachat ou de la reprise d'une solution open source pour compléter sa plate-forme de gestion de l'information. Microsoft pour sa part a racheté Clarify et investit lourdement en développements pour compléter son offre décisionnelle. Il dispose désormais d'une solution de reporting de masse, de reporting orienté client et d'un embryon de client d'analyse multidimensionnelle dont la puissance est largement exploitée par les partenaires. Oracle pour sa part vient également de redévelopper son offre décisionnelle et continue à renforcer ce volet.

Les spécialistes du décisionnel sont désavantagés

En d'autres termes, si cette tendance globale se confirme, quel terrain reste-il aux indépendants du décisionnel pour assurer leur croissance ? Les solutions verticales (finances, RH, etc.) sur lesquelles ils disposent d'un vrai savoir-faire métier que des généralistes comme IBM, Oracle et Microsoft n'ont pas. Mais quand on sait que des acteurs comme SAP embarquent également de plus en plus de décisionnel dans leur progiciel de gestion intégré pour apporter des solutions d'analyse clé en main sur les données clients, ventes ou RH, on est logiquement en droit d'être pessimiste sur l'avenir des Cognos, Business Object et autres Hypérion. Pour Kyle McNabb, analyste principal du Forrester Research, les dés semblent déjà jetés : "A terme, il est fort probable que ces éditeurs soient rachetés par IBM, Microsoft ou Oracle qui vont sans aucun doute chercher à renforcer la partie décisionnelle de leur solution de gestion de contenu".

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