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Places de marché verticales : des appels d'offre à la chaîne logistique

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Par Thierry Lévy-Abégnoli le 08/11/2004 - indexel.net
 
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Les places de marché électroniques verticales se rangent dans deux catégories. Les unes permettent aux entreprises clientes de gérer leurs appels d'offre. Les autres offrent aux fournisseurs et clients la possibilité de gérer leurs approvisionnements et plus généralement, leur chaîne logistique.

 

Il y a quatre ans fleurissaient les places de marché électroniques orientées vers les achats de production. Le spectre des fonctionnalités proposées, ou seulement promises, était vaste. Il couvrait  la mise en relation entre clients et fournisseurs (grâce à des catalogues multi-fournisseurs, une gestion des appels d'offre ainsi qu'une négociation des prix avec des systèmes d'enchères), la gestion des échanges électroniques liés aux approvisionnements voire à toute la chaîne logistique, ou encore la publication d'informations sectorielles via un portail.

 

Un concept souvent refusé par les fournisseurs

 

Qu'en reste-il aujourd'hui ? Beaucoup ont disparu. Etexx (dédiée au textile), Fifex (viande) ou encore Pescadis (produits de la mer) ont ainsi jeté l'éponge. "Nombre d'entre elles ont été délaissées par les fournisseurs qui les ont perçues comme un moyen, pour les clients, de faire baisser les prix", estime Jean-Baptiste Dézard (photo), directeur marketing Europe du Sud chez Compuware. De fait, ces fournisseurs ont souvent préféré réaliser leurs propres plates-formes e-business tournées vers leurs clients.

 

"Côté approvisionnements, les entreprises clientes ont également privilégié le déploiement en interne de progiciels afin de mieux réorganiser ce service", affirme Gérard Dahan, (photo) directeur marketing pour l'Europe du Sud chez Ariba. Et Jean-Baptiste Dézard d'ajouter : "certaines places se sont montrées trop ambitieuses en voulant cumuler un maximum de fonctionnalités". Enfin, le volet plate-forme d'échanges de messages XML a souffert de l'inertie d'un marché qui peine à abandonner les traditionnels EDI. Parmi les places qui subsistent, beaucoup ont eu un destin chaotique. Par exemple, Covisint, d'abord initiée par les principaux constructeurs automobiles américains et européens, a pratiquement éclaté. Elle a été cédée à l'éditeur Compuware qui n'a conservé que ses parties portail, plate-forme d'échanges de messages et outil de contrôle qualité. Sa partie négociation des prix, aujourd'hui marginale, a été revendue à la place FreeMarkets qui, en difficulté, a elle-même fusionné avec l'éditeur Ariba.

 

Gérer de bout en bout les appels d'offre

 

Les acteurs qui ont le mieux résisté ciblent la phase de mise en relation entre fournisseurs et acheteurs. Invoquant le fait qu'elles sont en amont des échanges commerciaux, la plupart refusent d'ailleurs le terme de place de marché, désormais mal perçu. Ainsi, dans le secteur industriel, Double Trade, SourcingParts et Ariba Quick Source (héritée du rachat de FreeMarkets) sont concentrées sur la réalisation et le suivi d'appels d'offre dans le domaine des pièces de production. Leurs plates-formes délivrent des services applicatifs en mode ASP.

 

"Nous donnons les moyens de gérer de bout en bout le processus d'appels d'offre, notamment grâce à une description très fine des grilles de décomposition de prix qui permettent de comparer ce qui est comparable", précise Paul de La Rochefoucauld (photo), CEO de SourcingParts. De plus, ces applications sont connectées à une base de données de dizaines de milliers de fournisseurs. Il est ainsi possible de sélectionner ceux qui recevront l'appel d'offre, voire de rendre visibles seulement à certains d'entre eux les propositions de leurs concurrents. Assumé par les acheteurs, le coût tient compte de la taille de l'entreprise. Chez SourcingParts, il est de 2 000 euros par an pour une PME et de 10 à 200 000 euros annuels pour une grande entreprise. Avec un ticket d'entrée de 50 000 euros par an, Ariba Quick Source ne cible guère que les grands comptes.

 

Gérer les approvisionnements et la chaîne logistique

 

Parmi les places de marché intervenant au niveau des relations entre acteurs se connaissant déjà, les survivantes sont toutes spécialisées dans un secteur précis. C'est le cas de Covisint (automobile), de CPGmarket et GNX (grande distribution) et de Trade-Ranger (pétrole et chimie). Autre point commun : elles se concentrent sur les échanges liés à la gestion de la chaîne logistique. Concrètement, il s'agit pour les fournisseurs et clients (ou donneurs d'ordres et sous-traitants) de faire communiquer, via la place de marché, leurs outils de gestion des achats, leur ERP ou leurs outils de gestion de la chaîne logistique. Les messages échangés (XML ou EDI) décriront commandes, demandes d'approvisionnements, accusés de réception, informations sur le contrôle qualité ou encore états de stocks. Sur ces places de marché, les coûts, essentiellement assumés par les fournisseurs, démarrent aux environs de 1 000 euros par an chez Covisint.



Quelques places de marché verticales

Place de marché
Principaux promoteursSecteurFonctions
Ariba Quick Source (hérité de FreeMarkets)
AribaIndustrieGestion d'appels d'offre et négociation
Site catalogueCompuwareAutomobilePortails hébergés, gestion de la chaîne logistique
Site marchandDanone et NestléGrande distributionApprovisionnements, gestion de la chaîne logistique
Intranet de publicationDoubleTrade (société indépendante)IndustrieGestion d'appels d'offre
Intranet collaboratifCarrefour, Sears, Metro, Oracle, PriceWaterHouse CoopersGrande distributionNégociation, approvisionnements, gestion de la chaîne logistique
Portail d'entrepriseSourcingParts (société indépendante)IndustrieGestion d'appels d'offre
Extranet fournisseurThe Dow Chemical Company,
Mitsubishi, Phillips Petroleum, Royal Dutch/Shell, Statoil, Total, Petroleum BP
Industrie du pétrole et de la chimieApprovisionnements et développement de normes

 

 

 
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