ACTUALITES
44 % des entreprises high-tech en difficulté financière
![]() |
Après celle de 2008, la crise économique actuelle pourrait relancer une vague de consolidations du secteur IT en 2012. HP et Google ont ouvert le bal cet été. Décryptage avec le cabinet Alix Partners. |
Avec une croissance annuelle de 10 % sur ces quatre dernières années, le secteur de la high-tech ne semble pas connaître la crise. Pourtant, selon Alix Partners, un cabinet de conseil spécialisé dans l'accompagnement des entreprises en difficulté, 44 % des constructeurs, éditeurs et autres opérateurs télécoms pourraient avoir des difficultés financières (jusqu'au dépôt de bilan) dans les deux ans à venir.
Les analystes pointent particulièrement du doigt les fabricants de matériels qui se trouvent face à un casse-tête : ils doivent s'endetter pour pouvoir investir massivement dans la recherche et le développement de leurs produits. Mais le contexte économique n'a jamais été aussi incertain. La situation est particulièrement tendue pour les produits grand public. Les prix y sont constamment tirés vers le bas par une concurrence effrénée. Et leurs principaux relais de croissance se trouvent dans des pays émergents où le pouvoir d'achat est encore faible. 90 % des entreprises de ce secteur pourraient donc connaître de grosses difficultés dans les mois qui viennent. La situation est identique pour les trois quarts des opérateurs télécoms qui doivent constamment mettre à jour de gigantesques infrastructures techniques et qui grossissent souvent par l'acquisition de concurrents.
Pour Alix Partners, la stratégie de Hewlett-Packard préfigure une grande vague de consolidations de l'industrie high-tech à partir de 2012. Après avoir racheté la société de conseil EDS en 2008 et l'éditeur Autonomy en 2011, HP cherche désormais à se débarrasser de son activité de fabrication d'ordinateurs. Pour se désendetter ? Une stratégie qu'a appliqué avec succès IBM il y a déjà quelques années.
À l'inverse, Google vient d'acquérir la branche téléphonie de Motorola pour pousser son système d'exploitation Android et vendre ainsi plus de publicité (notre article : Google-Motorola, les raisons de l'achat de l'été). Le géant du web serait-il tombé sur la tête ? Pas du tout. En fait, l'écart se creuse entre les sociétés les plus performantes et les dernières du classement. "Les leaders génèrent une marge 4,5 fois supérieure à la moyenne des entreprises du secteur et ont investi quatre fois plus", note Karl Roberts, directeur général d'Alix Partners.
Les sociétés les plus performantes vont donc profiter de la crise pour se développer à bon compte. Ce qui ne va pas faciliter la vie des DSI. Il suffit de prendre l'exemple d'Oracle pour s'en convaincre. L'éditeur a racheté deux de ses concurrents – BEA et Sun – en l'espace de quatre ans. Sun ayant lui-même racheté MySQL avant de se faire croquer.
Pour les DSI, cette nouvelle vague de consolidations et de probables banqueroutes est particulièrement impliquante. Comment s'assurer que l'éditeur d'un progiciel stratégique pour l'entreprise ne mettra pas la clé sous la porte ? Que l'investissement en compétences sur un langage ou une base de données portera ses fruits ? Comment homogénéiser son infrastructure matérielle si tous les grands noms de l'informatique se désengagent de ce marché ? Et comment faire face à l'hégémonie de certains acteurs, Oracle en particulier ? Autant de sujets épineux auxquels les DSI vont devoir faire particulièrement attention dans les mois à venir.
0.29 %











Publicité











RETOUR EN HAUT DE LA PAGE