Vous avez dit conjoncture ? 90 % des 1184 informaticiens interrogés dans le cadre de l'étude réalisée en février dernier par l'ANIF l'estiment favorable pour leur secteur. Leur entreprise ? Elle traite bien ses clients (selon 92 % des informaticiens interrogés), elle est performante (pour 83 % des sondés) et il est agréable d'y travailler (pour 81 %). Enfin, 92 % sont satisfaits de leurs relations avec leurs collègues et 88 % se réjouissent de la qualité de leur travail. Bref, c'est un tableau idyllique que nous proposent les informaticiens lorsqu'on les interroge sur leur métier et leur environnement de travail ! Les chiffres du cabinet Pierre Audouin Consultants confirment un climat plus que favorable pour le secteur, avec une augmentation de 3% des dépenses informatiques et de 6 à 7 % de l'activité logiciels et services par an. Mais Jean-François Perret, président de ce même cabinet met en garde contre un "optimisme béat" et rappelle que "la conjoncture est susceptible de se retourner très rapidement, comme cela a déjà été le cas notamment en 2002".
Pourtant, la gestion de carrière n'est pas un sujet qui préoccupe particulièrement les informaticiens : 75 % sont confiants dans la pérennité de leur poste, 72 % ne pensent pas que l'âge soit un problème. Dans le même temps, seul un informaticien sur deux compte sur son entreprise pour la gestion de sa carrière. "En matière de gestion des ressources humaines, tout est finalement assez mitigé", commente Michèle Havelka, présidente de l'ANIF. "Il n'y a pas d'attentes... et pas de surprise". Et les chiffres sur la formation sont également très surprenants. Seulement un informaticien sur deux a reçu une formation depuis qu'il a intégré son entreprise actuelle alors que près de 50 % d'entre eux affirment craindre l'évolution accélérée des technologies.
"Finalement, les informaticiens sont bien pépères", commente Pierre-Yves Le Bihan, consultant à l'INRIA. "Pourtant, les métiers de l'informatique et des télécoms sont parmi ceux dont le coefficient de "happening" est le plus élevé. Il se passe toujours quelque chose : un nouveau langage, une nouvelle approche applicative, une nouvelle technologie... Bref cela devrait déclencher chez les informaticiens l'envie de s'informer et de se former". Autre tendance relevée par l'étude : un manque d'information et de connaissance sur la stratégie de l'entreprise. Avec une position paradoxale. 41 % des informaticiens interrogés s'estiment mal informés sur la stratégie de leur entreprise, mais seulement 3 % citent comme une préoccupation leur participation à cette même stratégie. "Globalement, les informaticiens sont plus intéressés par des critères individualistes comme l'intérêt de leur métier ou leur salaire, que par leur entreprise", commente Jean-François Perret, président de Pierre Audouin Consultants.
Enfin, l'étude est l'occasion de souligner le réalisme des informaticiens en ce qui concerne le niveau de leur future retraite puisque 74 % d'entre eux se disent inquiets. L'externalisation sous toutes ses formes est également identifiée comme un risque pour 50 % des informaticiens interrogés.