MANAGEMENT
DSI, l'heure de la réforme a sonné ! (suite)
Le rôle des directeurs informatiques évolue vers moins de technologie et plus de management. Au programme, des économies, la rentabilité, l´efficacité. Une véritable réforme est en cours. Seuls ceux qui sauront s´organiser en conséquence pourront évoluer vers un rôle majeur dans la définition des objectifs et de la stratégie de l´entreprise. Les autres finiront dans les sociétés de services ou au placard.
Selon une étude réalisée par les professeurs d´Havard Robert Eccles et Laurence Prusak, il existe actuellement trois modèles d´organisation en entreprise. Le premier, baptisé "Monarchique", prévoit une direction informatique centralisée, 75% des dépenses étant sous la responsabilité d´un seul homme qui prend les décisions pour l´ensemble de l´entreprise. Synonyme d´économies d´échelle sur les achats informatiques et de logique de gestion simplifiée, cette organisation est, en revanche, trop loin des utilisateurs et de leur besoins métier.
À l´inverse, le second modèle dit "Féodal", repose sur la décentralisation des DSI. Rattachés aux directions métiers, les directeurs informatiques travaillent en étroite collaboration avec les utilisateurs. Mais l´absence de centrale d´achat informatique, synonyme de réduction des coûts et de politique globale, engendre une trop grande hétérogénéité technique, difficile à maîtriser, qui coûte cher avec en outre des redondances d´applications, de ressources humaines, etc.
Plus de 20 % d'économies avec un service rendu de qualité
Sorte de mélange des deux modèles, l´organisation "Fédérale" prévoit une DSI générale qui fédère et coordonne les décisions et choix informatiques. Elle travaille en collaboration avec des prestataires extérieurs ou des services informatiques rattachées aux directions métier. Complexe à mettre en oeuvre en raison de la difficile gestion des rapports de force entre services, ce modèle est aussi le plus avantageux en termes économiques et en valeur du service rendu. La Société Générale a réalisé 170 millions d´euros d´économies sur son budget informatique pour l´année 2003 grâce à cette organisation.

Solly Azar, courtier grossiste en assurances leader en France, estime pour sa part ses économies à 20% environ. "Nous avons également réduit de 30 % nos besoins de prestataires externes tout en réalisant autant sinon plus de projets", souligne Christian Copin (photo), directeur de l´organisation et des systèmes d´informations qui ajoute : "nous avons centralisé ce qui valait la peine de l´être et laissé le reste en décentralisé. Nous avons ainsi préservé les avantages économiques et la synergie des compétences humaines, le tout sans perdre de vue nos utilisateurs, point fondamental trop souvent négligé par certaines DSI".
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