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Et si IBM achetait Sun ?

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Par Alain Bastide le 25/03/2009 - indexel.net
 
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Si la rumeur lancée par le Wall Street Journal se confirme, cette acquisition serait la plus importante de la décennie, tant pour les utilisateurs que pour les concurrents de Sun et d'IBM. Tour d'horizon.

 

Selon le Wall Street Journal, IBM étudie actuellement l'opportunité d'acheter Sun pour un montant compris entre 6,5 et 8 milliards de dollars. Si elle se confirme, cette acquisition serait la plus importante de la décennie pour Big Blue. Sun possède en effet un large portefeuille de brevets et de savoir-faire technologiques. Mais cette acquisition soulève aussi de nombreuses questions chez les utilisateurs.

Côté matériels, Sun et IBM fabriquent leurs propres microprocesseurs - PowerPC chez IBM et Sparc chez Sun - et disposent d'une large gamme de serveurs et de systèmes de stockage destinés aux centres informatiques. Les deux concurrents développent depuis deux ans des approches similaires dans le domaine de "l'informatique verte" (Green IT), pour abaisser la consommation électrique des centres de données : architecture modulaire, virtualisation, container, analyse thermique, etc. Un secteur d'activité en pleine mutation et dont le potentiel économique est important. Car plus de la moitié des centres informatiques en activité sont dépassés. L'opportunité commerciale est grande. Le risque aussi. Il n'y a aucun sens à maintenir en parallèle la gamme PowerPC et Sparc ainsi que deux catalogues complets destinés aux centres informatiques.

Côté logiciels, IBM et Sun ont poussé Java et l'open source. Sun a récemment acquis pour un milliard de dollars MySQL, la base de données open source la plus utilisée dans le monde. Sun a également ouvert ses logiciels, notamment son système d'exploitation Open Solaris et son serveur d'application Java EE Glassfish. Ces trois logiciels font partie des stars incontestées de la galaxie open source. De son côté, IBM a pris ses distances avec Java en proposant une technologie dérivée pour le poste de travail : Eclipse RCP. Et Big Blue soutient l'open source partout où il n'arrive pas à vendre ses licences "propriétaires". Mais il n'a pas embrassé ce modèle économique comme l'a fait Sun. Deux stratégies difficilement réconciliables.

IBM se démarque également de Sun par son activité de conseil qui évolue de plus en plus vers une approche métier. IBM propose par exemple des offres spécifiques liées à la chaîne logistique (supply chain), aux fournisseurs d'énergie (Smart Grid Utilities), aux grandes villes, etc. De son côté, Sun se concentre sur la technologie et les informaticiens "purs et durs". Sun pourrait donc devenir la branche open source d'IBM qui continuerait de son côté à s'adresser aux décideurs sur des problématiques métier.

HP et Dell à la fête

Toutes ces hypothèses réjouissent HP et Dell. "La simple rumeur d'un rachat de Sun par IBM est déjà une énorme opportunité pour nous", a commenté Michael Dell. À court terme, l'harmonisation des catalogues d'IBM et de Sun sera longue et les arbitrages technologiques douloureux. Mais à plus long terme, IBM pourrait proposer une offre logicielle et matérielle très évoluée. Car Sun et IBM sont reconnus pour la qualité de leurs offres respectives. Pour ne prendre que l'exemple du système d'exploitation, IBM pourrait rajeunir AIX en y intégrant les avancées d'Open Solaris (Dtrace, ZFS, etc.). Cette fusion entre AIX et Solaris isolerait de facto HP et son système HP-UX.

Cependant, vu les nombreux recoupements dans les catalogues des deux géants, le principal risque pour les utilisateurs est de voir, à terme, certaines technologies logicielles et matérielles disparaître. Si le rachat a bien lieu, IBM ne pourra pas se permettre de maintenir indéfiniment plusieurs bases de données (DB2 et MySQL pour ne citer que les plus connues), plusieurs systèmes d'exploitation (AIX, OS/400, Open Solaris), plusieurs serveurs d'application Java EE (WebSphere, Glassfish), deux socles Java pour le poste de travail (Eclipse RCP et Netbeans RCP), etc. Si le rapprochement a lieu, les utilisateurs des matériels et logiciels propriétaires Sun devront sérieusement se poser la question de la pérennité de leur infrastructure.

Finalement, c'est peut être du "nuage" que viendra la solution. Sun vient en effet d'annoncer sa propre offre de cloud computing : Sun Open Cloud. Entièrement basée sur des technologies open source - Open Solaris, Java, MySQL, et Open Storage (ZFS) - elle dispose d'interfaces d'application (API) ouvertes pour favoriser l'interopérabilité avec d'autres nuages. Au cœur de ce service, VDC (Virtual Data Center) offre, via une interface simple de type copier/coller, la possibilité de construire et de déployer en quelques clics un véritable "datacenter" dans une infrastructure "cloud". Une aubaine pour IBM qui ne possède pas encore d'offre concrète dans le domaine, malgré l'annonce récente de Blue Cloud. Big Blue a récemment dû s'associer à Amazon pour compenser ce manque. Pour l'utilisateur final, l'infrastructure informatique sous-jacente du nuage est complètement transparente puisqu'il n'utilise que les API de plus haut niveau.

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