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FBI contre Google : bras de fer autour de vos données

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Par Jérôme Saiz Lesnouvelles.net le 20/01/2006 - indexel.net
 

Le FBI aurait tenté de forcer Google à lui livrer un million d'adresses web choisies au hasard ainsi que la totalité des recherches réalisées par ses utilisateurs durant une période donnée. L'agence fédérale souhaite ainsi prouver que la pornographie est omniprésente sur le web.

 

Interdire purement et simplement la pornographie sur Internet est-elle la seule méthode efficace pour éviter que des mineurs y aient accès ? C'est la question à laquelle devra bientôt répondre un tribunal américain. Et dans ce procès, tous les coups semblent permis, y compris envoyer le FBI intimider Google, dans la plus pure tradition cinématographique italo-américaine. Mais avant d'en arriver au fameux racket de Google, il est nécessaire de s'intéresser au procès qui est à l'origine de ce dérapage bien embarrassant. Face à face : le gouvernement américain et la Cour Suprême. Le premier souhaite faire accepter le Child Online Protection Act, une loi qui limiterait grandement l'accès à la pornographie sur Internet, du moins en ce qui concerne les sites américains. L'objectif avoué est d'éviter que des mineurs y soient confrontés, mais l'idée titille aussi les plus conservateurs, avec ou sans enfants. La Cour Suprême estime que cette loi telle qu'elle est rédigée est bien trop floue et qu'elle empiéterait sur le fameux Premier Amendement, pilier de la liberté d'expression à l'américaine.

 

Le Child Online Protection Act est donc bloqué depuis 2004 dans les méandres du système constitutionnel américain. Seule porte de sortie pour le gouvernement : la Cour Suprême a exigé que le texte soit largement assoupli ou qu'on lui prouve qu'il s'agit, en l'état, de la seule méthode efficace pour protéger les enfants de la pornographie sur Internet. Dont acte : les avocats du gouvernement américain préparent alors un dossier afin de montrer qu'Internet est le repère du stupre, de la luxure et de la cyber-fornication. Et pourquoi pas - mais là nous extrapolons très librement -, le royaume de la frustration mal digérée, voire le grand chaudron de la pornographie et de la pédo, zoo ou même exophilie (dans le sens de l'exobiologie...). Bref, il serait urgent de forcer Internet à cacher ce sein siliconé que l'on sait encore trop bien voir.

 

Un million d'adresses web sélectionnées au hasard

 

C'est afin d'appuyer leur démonstration que les avocats du gouvernement ont envoyé le FBI racketter Google en vue d'obtenir un impressionnant lot d'informations. Ils souhaitent disposer d'un million d'adresses web sélectionnées au hasard (probablement afin de déterminer quelle proportion est à caractère pornographique) mais aussi la totalité des termes recherchés par les internautes sur Google durant une semaine. Avec cette dernière requête, les avocats espèrent montrer que de nombreuses recherches renvoient vers des résultats inadaptés aux mineurs. Bien entendu, tout ce qu'ils risquent de découvrir, c'est que les internautes sont essentiellement de gros cochons et qu'ils passent leurs journées à rechercher des sites pornographiques, mais ce n'est guère une nouveauté.

 

Contre toute attente, Google n'a pas cédé aux pressions : le moteur de recherche a expliqué que cette requête était d'une portée trop vaste et surtout injustifiée. Il a ensuite ajouté qu'il combattrait "vigoureusement" (ses porte-parole savent décidément utiliser un champ lexical adapté au contexte) toute nouvelle demande similaire. Seule réponse des avocats du gouvernement américain : les autres moteurs de recherche n'ont pas hésité à collaborer, eux ! Les défenseurs du respect de la vie privée savent donc désormais où ne pas faire leurs recherches...

 

Plus d'informations : le détail de la loi Child Online Protection Act (en anglais). 

 
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