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Informatique à la demande : le grand retour aux contrats de maintenance ?

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Par Marie Varandat le 06/01/2009 - indexel.net
 

Microsoft a déposé le 25 décembre dernier une demande de brevet décrivant la facturation d'un PC suivant son usage et la durée d'utilisation. Le brevet a été rejeté. Mais il révèle une tendance de fond du marché vers le SaaS.

 

Qui a dit que Microsoft était un suiveur ? Après IBM, c'est autour de l'éditeur de Windows de marquer à sa façon le concept du "On-demand computing" en déposant le 25 décembre dernier auprès de l'autorité américaine chargée de la protection des marques et de la propriété intellectuelle, un brevet baptisé "Metered Pay-As-You-Go Computing Experience". De quoi parle-t-on ? De location et de consommation informatique à la demande. Le concept touche aussi bien les particuliers que les entreprises et devrait permettre, en gros, de disposer d'un ordinateur de base peu cher et de payer ensuite en fonction de l'usage que l'on a du PC et des applications.

En d'autres termes, l'utilisateur ne paierait que ce qu'il consomme, que ce soit en termes de temps passé sur le PC, de sollicitation des ressources du processeur, de la carte graphique, de la mémoire vive et du disque dur. L'ensemble étant calculé sur la base des utilisations des logiciels : bureautique, navigation sur internet ou encore jeux vidéo.

Séduisant sur le papier, ce concept est encore loin d'être abouti, Microsoft étant encore au stade d'imaginer des solutions de sécurité pour brider ou débrider l'usage de certains composants en fonction des demandes des utilisateurs. Côté économique, en revanche, l'éditeur est plus avancé. Dans son brevet, Microsoft prévoit des packs : un dollar de l'heure pour un pack bureautique, 0,80 dollar pour le pack navigation sur internet ou encore 1,25 dollar pour le pack jeux. Sur le long terme, Microsoft reconnait que l'accumulation de petites factures de ce type pourrait revenir plus cher aux utilisateurs que l'achat d'un ordinateur classique avec toutes les fonctionnalités disponibles au départ.

Outre l'aspect économique, ce type de concept à la demande laisse très  dubitatif sur la marge de manoeuvre laissée à l'utilisateur. Le début des années 2000 a en effet été marqué par un vaste mouvement de liberté dans l'informatique. La banalisation de la navigation et des standards internet laissait présager la fin du principe des contrats de maintenance, pratiqués notamment sur les grands systèmes, très coûteux pour les entreprises. Pied et poing liés, elles se plaignaient d'être trop dépendantes de leurs éditeurs ou de leurs SSII.

En investissant dans le concept de l'informatique à la demande, qu'elle s'appelle "On-demand", Software as a Service (SaaS) ou encore "Metered Pay-As-You-Go Computing Experience", les entreprises ne prennent-elles pas le risque de redevenir dépendantes d'un éditeur ? D'êtres freinées dans leur évolution par des contrats trop contraignants ? De payer au final plus cher qu'elles ne devraient un service qu'elles pourraient développer en interne ?

Même si la demande de brevet de Microsoft, jugée "trop floue", a été rejetée le 2 janvier par le "US Patent & Trademark Office", le débat ne fait que commencer.

 
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