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Le "clic" et le "double clic" brevetés par Microsoft
L´éditeur américain a obtenu un brevet protégeant l´association d´une "pression sur un bouton" à des fonctions logicielles. Il pourrait bloquer le développement de ses principaux concurrents.
Inventée il y a plus de vingt ans au centre de recherche Xerox de Palo Alto, la souris et les applications logicielles associées font maintenant partie du portefeuille de propriété intellectuelle de Microsoft. L´US Patent & Trademark Office (USPTO) a en effet accordé le brevet n°6 727 830 à l´éditeur. Ce brevet porte sur "l´ouverture d´applications selon la durée durant laquelle un bouton est pressé" (clic) et couvre aussi le cas où "le bouton est pressé plusieurs fois en l´espace d´un court instant" (double clic). Assez vague sur la définition du périphérique physique utilisé pour réaliser la pression, le brevet se limite cependant aux programmes développés pour les ordinateurs de poche, aux capacités forcément limitées. Les fabricants de périphérique mobiles tels que les PDA ou les téléphones portables et les éditeurs de systèmes d´exploitation pour ces périphériques sont donc les premiers concernés.
Grâce à l´obtention de ce brevet, Microsoft pourrait bloquer le développement de ses principaux concurrents : Palm, Symbian mais aussi le clan Java avec J2ME. Tous ces systèmes d´exploitation pour périphériques mobiles recourent en effet au clic et au double clic dans leur interface graphique. Face au tollé que risque de soulever cette nouvelle, un porte-parole de l´USPTO a déclaré que le brevet serait réexaminé si quiconque apportait la preuve d´une antériorité de cette "méthode intellectuelle" dont Microsoft revendique la paternité.
Pour l´heure, seuls les Etats-Unis et le Japon sont concernés. L´Europe ne reconnaît en effet pas encore la protection des concepts de type "mise en oeuvre d´idées" mais seulement les réalisations techniques. Et bien qu´une première version ait été proposée au mois de mai par les ministres européens, la directive européenne sur l´extension du champ de la brevetabilité aux "inventions mises en oeuvre par ordinateur" n´est pas encore finalisée. Gageons que les députés entendront les détracteurs des brevets logiciels avant de ratifier la proposition des ministres. Car elle ouvre la voie au dépôt, en Europe, de brevets comme celui obtenu par Microsoft pour le clic et le double clic.
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