INFRASTRUCTURE
Le poste de travail virtuel coupe le cordon
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Le poste de travail virtuel façon VDI ne fonctionnait qu’en mode connecté. Les principales solutions s’affranchissent désormais de cette contrainte, avec des choix techniques qui conditionnent performances et facilité de déploiement. |
1. Administration des PC nomades : une problématique mal gérée par la virtualisation traditionnelle
Depuis les débuts du PC portable en entreprise, sa gestion technique – déploiement, sauvegarde, sécurité – pose problème. Le poste de travail virtuel (alias VDI, comme Desktop Virtualization Infrastructure) a apporté une solution satisfaisante à la gestion de postes fixes ou mobiles, à condition qu'ils restent connectés. La nouveauté, c'est que le VDI supporte désormais le mode déconnecté, ce qui en fait une solution potentiellement universelle.
2. Un principe général commun aux solutions de Citrix et VMware
Local Desktop de VMware est ainsi venu compléter l'offre VMWare View. Tandis que XenClient se greffe sur Citrix XenDesktop. L'un comme l'autre fonctionnent sur le même principe. Alors qu'en VDI classique, le poste virtuel reste sur le serveur, il est maintenant présent à la fois sur le serveur et le terminal. Quand le réseau est indisponible, la machine virtuelle locale prend le relais. Les connexions épisodiques sont mises à profit pour réaliser une synchronisation des deux machines virtuelles, par transfert de blocs de données chiffrés. La gestion du PC portable est ainsi centralisée et identique à celle du PC fixe. Reste une difficulté : la première image de la machine virtuelle, qui atteint 5 à 15 Go, passerait difficilement par un réseau WAN. Elle sera donc réalisée sur le LAN ou via une clé USB.
3. Type d'hyperviseur : un choix qui conditionne les performances et la polyvalence
Ces solutions sous-tendent la présence d'un hyperviseur sur le PC portable. Or, VMWare et Citrix ont fait des choix opposés qui ne sont pas neutres. VMWare a opté pour un hyperviseur de type 2, donc installé au-dessus de Windows. "On évite ainsi de redévelopper des pilotes pour chaque matériel. Les performances sont moins bonnes mais la puissance des PC modernes lève cet écueil" explique Philippe Breider (photo), responsable des ventes poste de travail chez VMWare. Tous les PC sous Windows étant supportés, le déploiement de Local Desktop ne pose pas de difficulté particulière.
À l'inverse, Citrix a opté pour un hyperviseur de type 1 qui s'installe donc sur un PC nu, sans Windows. Les performances sont meilleures mais Citrix doit supporter chaque matériel. Or, XenClient 1.0 n'était compatible qu'avec les PC récents intégrant la technologie Intel vPro (notre article : Quatre questions sur vPro). Les processeurs AMD étaient exclus. "XenClient 2.0 que nous venons de lancer est la première version de production. Le principe de l'hyperviseur de type 1 est conservé mais vPro n'est plus nécessaire et nous avons travaillé avec les constructeurs de PC portables, même d'entrée de gamme, pour qu'ils préinstallent les drivers XenClient", explique Guillaume Le Tyrant, responsable marketing produits Europe du sud chez Citrix.
4. Une solution alternative, sans synchronisation
Quest Software propose une solution pour s'affranchir des séquences de synchronisation. "Quand l'utilisateur est très mobile et accède rarement au système d'information distant, il est inutile de gérer des synchronisations qui génèrent des coûts télécom et des efforts de gestion", argumente Anthony Moillic (photo), directeur général de Quest Software. L'éditeur avait déjà à son catalogue Quest vWorkspace, une plate-forme d'administration de postes VDI compatible avec les solutions de Citrix et VMware. Cette offre vient d'être complétée par une technologie signée MokaFive qui consiste, comme avec Citrix XenClient et VMWare Local Desktop, à installer un hyperviseur et une machine virtuelle sur le PC nomade. "La différence, c'est que la machine virtuelle locale travaille toujours, que l'on soit connecté ou pas", précise Anthony Moillic. Il n'y a donc plus de synchronisation mais il faut réaliser les mises à jour de la machine virtuelle. "Cette opération peut être effectuée avec Quest vWorkspace, qui gère de la même façon les postes VDI classiques", ajoute-t-il.
5. Des terminaux qui doivent s'adapter
L'exécution en local d'une machine virtuelle de 5 à 15 Go impose l'utilisation de PC portables. Les clients légers mobiles ne sont en effet pas dotés de telles capacités de stockage ni d'une puissance suffisante. Les constructeurs font toutefois évoluer leur offre. "Nous lancerons fin 2011 un client léger baptisé X90M7, doté d'une mémoire SSD importante et compatible avec VMWare Local Desktop", annonce Carla Coelho (photo), responsable marketing produit chez Wyse.
6. Une alternative limitée aux applications
La virtualisation d'applications (avec VMWare ThinApp et Citrix XenApp) proposait déjà une autre solution. Elle permet en effet d'envoyer des packages applicatifs vers le terminal, en streaming, mais aussi en un seul bloc, ce qui assure alors un fonctionnement off-line. "Cette méthode peut être appliquée à une ou quelques applications, avant de passer à la virtualisation complète du poste de travail", évoque Guillaume Le Tyrant. D'autant que, aussi bien chez VMWare que Citrix, ces différentes technologies sont regroupées sous une même licence.
Trois solutions VDI en mode déconnecté :
| Produit | Fournisseur | Hyperviseur | Architectures VDI supportées |
| Local Desktop | VMware | Type 2 | VMware View |
| XenClient | Citrix | Type 1 | Citrix XenDesktop |
| Quest vWorkspace et MokaFive Suite | Quest Software et MokaFive | Type 1 ou 2 | VMware, Citrix, Microsoft, blade PC... |
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