APPLICATIONS
Les messageries instantanées à l'assaut des entreprises
Très populaires dans le grand public, les messageries instantanées entrent souvent dans l´entreprise à l´initiative des employés. Pour que les responsables informatiques puissent y mettre bon ordre tout en répondant à la demande, les éditeurs proposent désormais des offres professionnelles.

"En 2003, seulement 5 % des 200 millions d´utilisateurs de messageries instantanées en faisaient un usage réellement professionnel. Mais en 2006, ce ratio montera à 70 % pour un nombre total d´utilisateurs de 500 millions", affirme Stéphane Dugelay (photo), directeur marketing Live Communications Server (LCS) chez Microsoft. Même si la source de ces estimations doit inciter à la modération, il est clair que ces messageries signées Microsoft, AOL ou Yahoo se sont banalisées dans le grand public mais restent balbutiantes dans les entreprises où IBM a défriché le marché avec Lotus Same Time.

Un état de fait que Miguel Membrado (photo), directeur général de Mayetic, explique davantage par une question de maturité des décideurs que par les aspects sécurité habituellement invoqués : "Les entreprises ont dû absorber une profusion de nouvelles technologies. Après avoir déployé la messagerie puis le travail collaboratif asynchrone, elles ne s´intéressent à la communication synchrone que depuis quelques mois". Principale composante de cette communication - abstraction faite du téléphone ! - la messagerie instantanée recouvre le dialogue écrit en temps réel - le Chat - et la gestion de présence qui permet de vérifier le statut d´un utilisateur - occupé, absent, en communication téléphonique...
Des offres répondant aux contraintes de sécurité et de traçabilité
Sécurité, traçabilité des échanges, intégration dans le système d´information ou administration représentent autant de freins plus concrets que la seule indécision des responsables. Ceux-ci en prennent la mesure lorsque ces messageries sont introduites par les employés. C´est pourquoi les acteurs ont mis sur pied des offres professionnelles qui procèdent toutes à un chiffrement systématique des flux et qui authentifient les utilisateurs via l´annuaire de l´entreprise. D´autre part, elles savent archiver sous forme chiffrée l´ensemble des messages et permettent de spécifier les droits de chaque utilisateur - restriction des échanges entre groupes, autorisation de transmettre des fichiers, échanges limités à l´entreprise ou tournés vers l´extérieur. Enfin, une console permet d´analyser le trafic ou d´être alerté lorsqu´un utilisateur cherche à enfreindre ses droits.Lotus, Microsoft et AOL ont en commun un mode de commercialisation classique qui prend la forme d´une licence serveur. A titre d´exemple, Microsoft LCS revient à 446 euros pour le serveur puis 30 euros par client. Pour sa part, Yahoo conserve une formule comparable à celle de son offre grand public, en hébergeant lui-même l´infrastructure serveur. "Un tel mode pose des problèmes d´intégration avec le système d´information mais nous n´excluons pas d´y venir", estime Stéphane Dugelay.
Une ouverture croissante
Les messageries instantanées d´entreprises peuvent être ouvertes sur leur équivalent grand public, ce qui permet de dialoguer avec des clients ou partenaires. La communication synchrone comprend en outre d´autres applications telles que audio et vidéoconférence, tableau blanc, prise de contrôle et conférence sur le Web. Elles sont tantôt intégrées dans la messagerie instantanée, tantôt accessibles via celle-ci. Par exemple, dans le cas de LCS, audio et visiophonie sont intégrées mais uniquement en point à point. Pour fédérer plusieurs utilisateurs, il faut passer par un produit tiers. De même, LCS peut être couplé à l´offre de conférence sur le Web de Microsoft (Live Meeting) qui pour l´instant n´existe que sous forme de service hébergé. Autre forme d´ouverture, la gestion de présence peut être enfouie dans n´importe quelle application - par exemple CRM - gérant des employés ou des clients. De même, le Chat peut-être synchronisé avec des applications de CAO collaboratives. De telles intégrations passent par des accords de partenariat avec les éditeurs concernés.
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