Quinze ans après sa création, le web a peu évolué. Il est toujours composé de pages web rassemblées au sein de sites institutionnels d'entreprises, de sites marchands, de moteurs de recherche, et, dans une moindre mesure, de pages personnelles. Ce "web 1.0" permet surtout de publier de l'information. Il est peu participatif, peu communautaire et entièrement lié aux moteurs de recherche qui sont le seul moyen de trouver efficacement une information. Résultat ? Chaque entreprise, chaque site d'actualité et chaque marchand "pousse" ses informations sur la Toile en espérant que les internautes la trouvent. Le web repose donc, pour l'instant, sur le modèle de diffusion en masse qui prévaut depuis 200 ans. Un modèle axé autour des produits et non des personnes.
Pourtant, un vent nouveau souffle depuis quelques mois sur internet. Les blogs, le "social bookmarking" (notre article), les fils d'information RSS et l'apparition de services collaboratifs, comme Flicker, Digg, Pandora ou Agoravox, préfigurent la naissance d'un nouveau web : le web 2.0, entièrement organisé autour des internautes. Cette évolution - la plus importante depuis dix ans - a commencé avec les blogs. Ces "pages perso" nouvelle génération permettent à n'importe quel internaute de publier un article en ligne et de le diffuser aux travers de fils d'informations XML RSS (Really Simple Syndication) auxquels les lecteurs s'abonnent (pour en savoir plus sur les blogs).
Premier constat : la technologie donne enfin les moyens à l'internaute lambda de participer à la création du web. Il passe d'un statut d'utilisateur passif à celui de contributeur actif. Les américains désignent cette évolution fondamentale par le terme "read / write web". La seconde évolution de taille est celle des réseaux sociaux en ligne ou "social bookmarking". Des moteurs de recherche de nouvelle génération comme del.icio.us et Yahoo My Web 2.0 permettent à chaque internaute d'associer ses propres mots-clés - on parle de "tags" - aux pages, sites et autres blogs qu'il visite. Ces favoris (bookmarks) nouvelle génération sont sauvegardés en ligne. L'internaute peut les retrouver en se connectant à son espace personnel. Il peut aussi rechercher des sites, blogs et pages web en s'appuyant sur les favoris des autres utilisateurs. Del.icio.us est le précurseur de cette démarche.
Les tags sont très importants, car ils impliquent que les internautes passent d'un comportement passif (je cherche dans Google) à un comportement actif (je tague l'information grâce à del.icio.us). Ils induisent également la naissance d'une deuxième Toile, le web 2.0. Sur cette toile, ce n'est plus Google qui relie les internautes aux sites web grâce à des mots-clés, mais les internautes entre eux grâce à leurs tags. Le tag est donc l'un des éléments de base du web 2.0.
Les tags et la participation active des internautes incitent de nouveaux services à se lancer. C'est le cas par exemple de nouveaux moteurs de recherche comme Rollyo.com qui permet à l'internaute de créer sa propre sélection de blogs et de sites web pour y effectuer des recherches thématiques ciblées à partir de tags. Cela revient en quelque sorte à créer son propre Google. Dans un autre domaine, des sites participatifs ou collaboratifs tels que Digg et BlogLines regroupent des milliers de fils d'information RSS sur une seule page et permettent de les filtrer à l'aide de tags, mais aussi de l'appréciation des internautes qui votent - en un clic - pour le contenu qu'ils trouvent intéressant. L'intelligence collective des internautes remplace ici le rédacteur en chef.