Contrairement aux idées reçues, l'utilisation du matériel électronique - imprimante, PC, écran, téléphone portable, etc. - génère peu de CO2 en France. Notre électricité provient en effet à 78 % de l'atome. Économiser de l'électricité permet dont de réduire le volume de déchets radioactifs. Éteindre son PC n'est pas suffisant. PC, écrans et imprimantes consomment de l'électricité même éteints. Une étude anglaise montre que le mode veille gaspille 2 kWh par jour et par foyer. Le gâchis est tel que l'Europe a légiféré pour y mettre fin avec la directive Energy using Products (EuP). En attendant que tous les matériels informatiques proposent un mode veille efficace, il faut donc débrancher physiquement tous les appareils électriques. L'achat d'un programmateur et d'une multiprise (moins de 15 euros) fait généralement l'affaire. Ce dispositif simple permet d'éteindre automatiquement l'ensemble des matériels qui constituent le poste de travail. Sur un parc important, les éditeurs spécialistes du domaine proposent des logiciels qui peuvent éteindre et rallumer automatiquement un parc entier.
Même s'il n'est pas parfait, le mode veille prolongée permet d'arrêter et de démarrer rapidement le poste de travail tout en conservant les applications en l'état. C'est un geste pratique et utile, par exemple lorsque l'on part en pause déjeuner et que l'on ne souhaite pas fermer toutes les applications en cours d'utilisation. Le mode veille prolongée préserve aussi la confidentialité des informations. À l'échelle individuelle, il suffit d'un clic. À l'échelle de l'entreprise, le département informatique peut paramétrer ses masters (modèles de configuration des logiciels) pour forcer la mise en veille de tous les postes au bout d'une période donnée d'inactivité. Les outils de gestion de parc informatique le font aussi très bien.
"Un salarié français imprime en moyenne 28 pages par jour et plus de 300 milliards de pages ont été imprimées en France en 2007, dont 16 % n'ont jamais été lues, ce qui représente tout de même 48 milliards de pages imprimées pour rien !" illustre Frédéric Lohier (photo). Le surcoût lié à ces impressions inutiles se chiffre à 400 millions d'euros par an en Europe et parfois à plus de 2 % du chiffre d'affaires d'une PME. Donc, réfléchissez avant d'imprimer ! Et, si vous devez absolument le faire, utilisez des consommables recyclés : papier et encre. Avec une tonne de vieux papier, on produit 900 kg de papier recyclé alors qu'il faut 2 à 3 tonnes de bois (17 arbres) pour obtenir le même résultat. D'autre part, le recyclage du papier consomme jusqu'à 90 % d'eau en moins et 50 % d'énergie en moins. Cinq écolabels permettent de reconnaître le papier recyclé ou issu d'une gestion durable des forêts : Ange Bleu, Cygne, APUR, NAPM et FSC. "Vous pouvez aussi réduire votre volume d'impression grâce à des logiciels dédiés tels que PrintFriendly qui divisent jusqu'à six le nombre de pages nécessaires tout en conservant un bon confort de lecture", conseille Frédéric Lohier.
Selon Gartner, les datacenters concentrent 23 % de la facture électrique du système d'information et cette proportion va fortement augmenter, notamment avec la virtualisation des postes de travail. "En travaillant sur un refroidissement à la source des serveurs, en augmentant leur taux d'utilisation grâce à la virtualisation et en utilisant des techniques comme la déduplication des données, il est possible de diviser par deux la consommation électrique totale d'un datacenter", explique Françoise Berthoud qui pilote un centre de calcul au CNRS. Lors de la conception d'un nouveau centre informatique, sa flexibilité favorise également l'utilisation prolongée du matériel et une meilleure évolution des zones chaudes / froides (cold corridor).