"Presque tous les nouveaux projets de déploiement de clients légers sont en architecture VDI", constate Philippe Sellier, responsable grands comptes à la division clients légers chez HP. En VDI (Virtual Desktop Infrastructure), le PC devient virtuel mais il faut toujours un terminal pour déporter son affichage. Cet équipement peut être identique à ceux utilisés dans les infrastructures de clients légers traditionnelles mais de nouveaux modèles mieux adaptés arrivent sur le marché.
L'architecture VDI cherchant à séduire la totalité des utilisateurs, les terminaux se doivent d'offrir le support des applications multimédias, ce qui passe par une compatibilité avec des nouveaux protocoles comme PCOIP (choisi par VMware) ou HDX (Citrix). "PCOIP donne satisfaction pour la vidéo et les animations Flash mais avec la solution que nous avons choisie, l'accélération 3D n'est pas encore supportée", regrette David Larose (photo), DSI de la mairie de Drancy. En fait, la dernière génération de terminaux compatibles PCOIP corrige cette lacune.
Face à l'émergence de ces protocoles, les constructeurs adoptent différentes stratégies. "Notre approche très ouverte repose sur des terminaux capables de supporter tous les protocoles car ceux-ci sont en pleine évolution et nous voulons laisser à nos clients la possibilité d'en changer. De plus, ils accueillent des systèmes comme Windows Embedded ou Linux, ce qui permet de les administrer avec les mêmes outils que les PC", explique Philippe Sellier (photo).
Au contraire, Wyse a simplifié à l'extrême des terminaux qui deviennent dédiés à un protocole et à un type d'infrastructure VDI (VMware View et PCOIP pour le modèle P20, Citrix XenDesktop et HDX pour le Xenith). C'est le concept Zero Client. "Il n'y a plus d'OS mais juste un firmware minuscule, ce qui réduit presque à néant les opérations d'administration", explique Philippe Labaste (photo), directeur général de Wyse France.
Le français Impact Technologies adopte encore une autre stratégie, permise par sa petite taille et sa proximité. "Parallèlement à nos terminaux standards, nous sommes en mesure de développer des produits spécifiques, par exemple avec une image flash restant basée sur un système d'exploitation standard mais réduite au minimum, supportant le protocole demandé et intégrant des liens vers les applications de l'entreprise", détaille Pascal Gaucher, président d'Impact Technologies.
Polyvalents ou spécialisés, ces terminaux multimédias souffrent pourtant d'inconvénients. Surpuissance oblige, leur coût dépasse 400 € (les HP T5740/45 intègrent ainsi un Atom à 1,6 GHz et de la mémoire DDR3). D'autre part, ils consomment quatre fois plus de bande passante. C'est pourquoi l'essentiel des déploiements restera dans un premier temps basé sur des produits d'entrée de gamme à 200 € et sur les anciens protocoles ICA ou RDP. La mairie de Drancy a ainsi réservé les terminaux compatibles PCOI d'origine Wyse à une vingtaine d'utilisateurs exigeants.
En VDI, le terminal peut être un vieux PC sur lequel on installe un petit logiciel client. "Nous remplaçons les PC que nous avons recyclés en terminaux, au fur et à mesure qu'ils tombent en panne, par de véritables terminaux, bien plus sobres et fiables", explique ainsi Marilynn Genieyz (photo), directrice informatique de H2A, qui a déjà déployé 200 clients légers Impact Technologies (Itium 2910 à 185 €). La mairie de Drancy va pour sa part plus vite. Après avoir recyclé une centaine de PC auxquels s'ajoutent autant de terminaux (entrée ou haut de gamme), elle déploie cet été 2 300 terminaux Wyse C10 (240 €). "Nos PC sont aujourd'hui à l'agonie et les terminaux ne consomment que six watts", justifie David Larose.
Une autre façon de recycler des vieux PC consiste à remplacer leurs disques durs par une petite mémoire Flash sur laquelle est installée une image identique à celle d'un client léger. "Cela facilite l'administration du parc informatique", commente Pascal Gaucher (photo). Associée à la crise, cette phase de transition consistant à recycler des PC a pu expliquer la baisse de 10 % du marché européen des clients légers en 2009 (selon IDC) mais les ventes sont depuis reparties à la hausse. Pour autant, si le vieux PC ne représente guère qu'une étape, le terminal dédié ne remporte pas tous les suffrages.
"Certaines entreprises choisissent des PC neufs à 300 €, moins fiables mais bénéficiant d'une garantie de deux ans. Cette formule permet de simplifier la migration vers VDI et de combiner applications locales et accès au PC virtuel distant", constate François Tiers, consultant virtualisation chez Euriware. Et de conclure : "Ces entreprises pourraient très bien s'affranchir totalement du PC mais elles ont un peu de mal à lâcher prise."