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Les microserveurs font souffler un vent nouveau dans les salles informatiques

Par Thierry Lévy-Abégnoli le 29/05/2013 - indexel.net
 

Trente fois plus de serveurs dans un même volume mais bien moins de puissance par serveur, telle est l’équation des microserveurs, qui seront déclinés en fonction du type d’applications.

 

Les microserveurs font souffler un vent nouveau sur un marché des serveurs qui ronronnait depuis l'arrivée des lames il y a dix ans. Ils offrent tout d'abord un encombrement très réduit puisqu'à terme, on parle d'un format comparable à celui d'un smartphone. Logique, puisque ce sont les mêmes architectures qui sont utilisées : ARM on Intel Atom. Actuellement, HP parvient à caser, dans un même volume, environ 25 fois plus de microserveurs que de lames classiques. D'autre part, si la puissance unitaire de chaque serveur est bien moindre, elle dépend fortement du type d'applications. La différence peut aller de -20 % sur les domaines de prédilection du microserveur, jusqu'à -95 % ou -98 % dans le cas contraire. Enfin, selon HP, le rapport prix/performance est de -20 % à l'achat par rapport à des serveurs classiques. Mais il atteint -50 % si l'on calcule un ROI à cinq ans incluant les coûts de fonctionnement liés à la consommation et l'encombrement réduits.

Les grands constructeurs valident le concept

Jusque début 2013, l'offre était cantonnée à quelques acteurs de niches. HP a très tôt dévoilé l'existence d'un projet baptisé Moonshot, qui ne s'est concrétisé qu'en avril dernier, avec l'offre Moonshot 1500. Celle-ci prévoit des "cartouches" dont chacune réunit un châssis dans lequel 45 microserveurs se partagent une alimentation, des ventilateurs et des systèmes d'interconnexion et de gestion. On peut ainsi regrouper 1800 serveurs par rack, contre 64 serveurs lames de l'offre HP. De son côté, Dell a d'abord réalisé des prototypes en architecture ARM 32 bits et plus récemment, en ARM 64 bits (d'origine Marvell), sans évoquer pour l'instant d'offre commerciale.

L'architecture x86 reste en lice contre ARM

Les microserveurs devaient, pensait-on, être basés sur l'architecture ARM. Des petites sociétés comme Calxeda ou Marvell ont ainsi conçu des processeurs ARM destinés à ces serveurs. Mais la première offre émanant d'un constructeur majeur repose sur l'architecture Atom d'Intel, qui reste en x86. HP a en effet utilisé la puce Atom S1200 alias Centertom. Toutefois, le constructeur devrait décliner son offre en 2014 pour les puces ARM 64 bits de Calxeda.

La virtualisation disparaît au profit de la parallélisation

La faible puissance de chaque serveur et leur nombre élevé rend à la fois difficile et inutile la virtualisation. On parle même de physicalisation (lire notre article Physicalisation : l'anti-virtualisation), chaque application étant déployée sur un serveur ou plutôt sur une ferme entière de serveurs. Il faut donc répartir la charge sur ces serveurs, éventuellement en parallélisant les applications.

Des microserveurs déclinés pour différents types d'applications

Chez HP, chaque type de cartouche sera adapté à un type d'applications, selon l'architecture de la puce. Le Moonshot 1500 est ainsi dédié aux applications Web simples mais avec un grand nombre d'utilisateurs. D'autres cartouches en architecture ARM cibleront par exemple le calcul hautes performances ou les applications noSQL (dont le big data est friand), qui peuvent être aisément réparties sur de nombreux serveurs. À terme, une offre variée permettra de couvrir de nombreuses applications, à défaut de les couvrir toutes. Il semble par exemple exclu qu'une ferme de microserveurs exécute un ERP comme SAP.