Indexel

La France est le cancre européen de l’ADSL

Par Antoine Robin le 03/07/2013 - indexel.net
 

Dans six cas sur dix, les débits réels d’accès internet hexagonaux sont plus faibles que ceux annoncés par les FAI. C'est très peu comparé à la moyenne européenne qui atteint 60 % de promesses tenues.

 

"22 Mb/s", "jusqu'à 100 Mb/s" : les fournisseurs d'accès internet vous promettent la lune en termes de débit. Mais qu'en est-il dans la réalité ? Cette question n'est pas anodine puisqu'un nombre croissant de PME se connectent à internet avec une offre grand public ou assimilée. Or, le débit réel dimensionne le nombre d'utilisateurs potentiels.

Dans un récent rapport, la Commission européenne estime que la France est le plus mauvais élève de la zone Euro. Un quart de la population française n'a toujours pas goûté au haut débit. Et le débit annoncé par les fournisseurs d'accès internet (FAI) français n'est au rendez-vous que dans 40 % des cas. C'est très peu comparé à la moyenne européenne - 60 % de promesses tenues - et à des pays tels que la Slovaquie (97 % de promesses tenues) ou l'Allemagne (75 % de promesses tenues). "Les consommateurs ne reçoivent pas le débit pour lequel ils ont payé" confirme le rapport.

7 Mb/s en moyenne : peut mieux faire

Alors que 54 % des internautes européens disposent d'un accès internet égal ou supérieur à 30 Mbits par seconde (Mb/s), en France, une box internet délivre 7 Mb/s de bande passante en débit descendant (download) et 0,77 Mb/s en débit montant (upload). De très fortes disparités géographiques se cachent derrière cette moyenne. Les débits moyens atteignent parfois plus de 20 Mb/s au cœur des grandes villes contre moins de 2 Mb/s dans les nombreuses zones "grises" du territoire. C'est-à-dire que les FAI ne fournissent même pas un "haut débit de base" tel qu'il est défini par le sénateur Hervé Maurey dans un rapport de fin 2011 : "débit symétrique de 2 Mb/s en 2012 et de 8 Mb/s en 2015".

En revanche, la qualité de la bande passante est meilleure que la moyenne avec 41 ms de temps de latence en France contre 46 ms pour la moyenne européenne. On est cependant loin de l'optimum qui est d'environ 28 ms aux Pays-Bas où une page web se charge en une seconde contre deux pour la moyenne européenne.