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SAP s'offre Business Objects au prix fort

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Par Marie Varandat le 09/10/2007 - indexel.net
 

Le numéro un des progiciels de gestion intégrés s'offre un des leaders du marché de la ''business intelligence'' et devient ainsi l'un des tout premiers acteurs du décisionnel. Une bonne affaire... si SAP ne l'avait pas payée aussi cher.

 

Cela aurait pu être Oracle mais c'est finalement SAP qui a mis le grappin sur le français Business Objects (BO), l'un des derniers leaders indépendants du marché du décisionnel. Les rumeurs allaient bon train depuis quelques mois sur l'éventualité d'un rachat de BO, la seule inconnue étant qui serait l'acheteur. Après l'acquisition d'Hypérion par Oracle en mars dernier, il ne restait plus beaucoup de candidats. A l'exception d'IBM qui prétend vouloir rester sur la couche infrastructure et nie toute velléité de rachat dans le domaine. Et Microsoft qui apparemment préfère développer ses propres solutions. Loin d'être étonnante - hormis pour la somme mise sur la table par l'éditeur allemand - cette acquisition confirme la tendance à la concentration du marché de la business intelligence (BI), amorcée il y a déjà plusieurs années et qui s'est accentuée au cours des derniers mois avec l'absorption d'Hypérion par Oracle, de Cartesis par Business Objects, d'Applix par Cognos...

 

Pour s'offrir Business Objects, le spécialiste des ERP a payé le prix fort : 4,8 milliards d'euros (6,78 milliards de dollars). Pour mémoire, Oracle n'avait payé "que" 3,3 milliards de dollars pour Hypérion. Si le marché de la BI reste prometteur - avec une croissance annuelle d'environ 10 % selon différentes études - on se demande toutefois comment SAP compte rentabiliser cette affaire. L'éditeur allemand devra emprunter une partie de la somme pour finaliser l'opération et prévoit que le rachat pèsera sur le gain par action en 2008 de la société. La plupart des grands comptes étant déjà équipés d'un progiciel de gestion intégré et d'une solution décisionnelle, SAP mise principalement sur les PME pour rentabiliser son rachat, un marché qu'il a toujours eu du mal à pénétrer. La somme pèsera d'autant plus lourd que la société n'a pas fini d'en baver. SAP se dote avec Business Objects d'une offre certes très riche, mais issue de nombreux rachats. Résultat, elle reste hétéroclite et mal intégrée. La fusion avec l'offre de SAP s'annonce donc difficile et ce d'autant plus que l'éditeur a récemment acquis OutLooksoft, autre spécialiste de la business intelligence.

 

SAP prétend que les restructurations pour intégrer les différentes solutions qui constituent désormais son offre ne seront pas très importantes mais les recouvrements entre Outlooksoft, l'existant SAP et Business Objects sont importants. On demande donc à voir. Enfin, que les clients de Business Objects se rassurent, SAP compte préserver l'indépendance de l'éditeur et continuer à proposer une offre indépendante sur le marché tout en développant des solutions plus intégrées à sa plate-forme.

 

 
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