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Spam : Bruxelles s'impatiente, les internautes aussi

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Par Frédéric Bordage le 05/12/2006 - indexel.net
 

Malgré une directive européenne efficace, transposée en France en 2002, l'Hexagone est le quatrième producteur de spams au monde. La faute aux pouvoirs publics.

 

Depuis 2000, les courriers électroniques commerciaux non sollicités se sont tellement développés qu'ils représentent aujourd'hui près de neuf messages sur dix. Même s'il ne s'en rend pas compte, chaque internaute finance indirectement le coût de ce fléau - 39 milliards d'euros en 2005 - lorsque le prix des connexions internet augmente, lorsqu'il achète un logiciel antispam, ou tout simplement en passant du temps à "dé-spammer" sa boîte aux lettres. Bruxelles vient donc de taper du poing sur la table, jugeant que le spam, pratique illégale en France depuis 2002 (on ne le rappellera jamais assez), entame la confiance du public dans la société de l'information. "Il est temps que les préoccupations politiques constantes à propos du spam se traduisent par des mesures offensives concrètes", déclare Viviane Reding, commissaire européenne.

 

Des mesures ont déjà été prises par la commission européenne via une directive dès 2002. Et les Etats membres ont tous transposé cette directive en droit national. Cette directive interdit notamment l'envoi de messages commerciaux non sollicités (opt-out) et favorise l'opt-in. C'est-à-dire que seule une entreprise déjà en relation avec un internaute peut lui envoyer une publicité par e-mail. Autant dire que ce n'est pas la règle qui prévaut aujourd'hui. Pour un simple particulier, il est concrètement impossible de sortir des fichiers des sociétés qui pratiquent le spam. Pourtant, la loi du 6 janvier 1978 leur garantit théoriquement ce droit...

 

La faute en incombe entièrement aux gouvernements qui ne mettent pas en oeuvre les moyens nécessaires pour lutter contre ce fléau. Car certains pays européens s'en sortent très bien et à peu de frais. Aux Pays-Bas par exemple, il a suffi de cinq employés à plein temps pour faire chuter le spam de 80 % à 30 % à l'échelle du pays. Ces cinq employés poursuivent systématiquement tous les spammeurs en justice. En France, la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) dispose d'un budget de plusieurs millions d'euros par an (presque dix fois supérieur à celui des Pays-Bas). Et pourtant, selon de nombreuses études, nous sommes le quatrième pays émetteur de spams dans le monde, juste derrière les Etats-Unis, la Chine et la Corée du sud. On se demande bien à quoi sert le budget de la CNIL...

 

 
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