APPLICATIONS
Standards : bataille pour la succession de HTML
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Deux groupes de travail s'opposent sur l'avenir du langage HTML. Le W3C voulait imposer XHTML 2.0 qu'il ne parvient pas à finaliser tandis qu'Apple, Mozilla et Opera proposent HTML 5.0. En jeu : le contrôle du "bureau métier" de demain. |
Les milliards de pages web qui constituent la toile reposent sur le langage HTML (HyperText Markup Language). Or, avec l'arrivée de l'architecture Ajax (notre article) et des microformats,
Ajouter du sens aux pages web
Seulement, entre temps, lassés d'attendre un standard qui n'arrivait pas, les principaux éditeurs de navigateurs parmi lesquels Mozilla, Opera et Apple (Microsoft n'a pas souhaité participer) ont lancé le groupe de travail (WHATWG) pour définir leur propre version de HTML 5.0. Leurs propositions ne se limitent pas à HTML et s'axent plutôt sur l'ensemble des technologies qui fonctionnent au sein d'un navigateur. Ils proposent donc un ensemble de travaux parmi lesquels "Web Application 1.0" qui est l'équivalent de XHTML 2.0.
"C'est une bonne initiative, plus intelligente que celle du W3C. Car tous les éditeurs - sauf Microsoft - s'accordent à décrire des standards qu'ils ne pourront pas se permettre de ne pas intégrer dans leur futur navigateur", estime Jérémy Chatard (photo), directeur technique de la SSII Breek.
D'autres acteurs importants du web comme Technorati et CommerceNet ont lancé des travaux parallèles, notamment les microformats déjà adoptés par Yahoo ! Il s'agit d'un mécanisme qui permet d'ajouter du sens aux données d'une page web en utilisant simplement l'attribut "class" d'un élément HTML ou XHTML. Cette approche permet à la fois aux humains (cibles de HTML) et aux logiciels (cibles des microformats) d'interpréter le contenu d'une page web. Bien entendu, les microformats ne sont qu'un standard "de fait". Et ils ne concurrencent pas encore le web sémantique du W3C, réservé pour l'instant aux documentalistes professionnels.
Le W3C définira-t-il la prochaine génération de navigateurs web ?
Bref, une fois de plus, le web est à un tournant. Les propositions fusent de toute part et, avec ou sans le W3C, le navigateur que vous utilisez pour lire cet article aura complètement changé dans quelques années. Même si elle passe inaperçue, la bataille pour la définition du poste client de demain se joue donc actuellement au niveau du futur standard HTML. Bien qu'inachevé, XHTML 2.0 se propose par exemple de définir des APIs (interfaces de programmation) qui permettraient de standardiser Ajax (glisser-déplacer, timed events, etc.), d'intégrer directement un client de téléphonie IP respectant le protocole SIP, et de gérer un cache de données locales (une base de données) directement au niveau du navigateur.
XHTML 2.0 pourrait donc transformer le navigateur en socle d'exécution de client riche. Un socle d'exécution qui gommerait le rôle stratégique que joue, encore aujourd'hui, le système d'exploitation. "L'avenir du langage HTML sort du domaine de compétences du W3C car il ne s'agit plus d'inventer un n-ième HTML, mais bel et bien de définir le socle d'exécution des clients riches de demain", confirme Sami Jaber (photo), directeur technique de
L'engagement de Microsoft sera déterminant
Le navigateur pourrait donc évoluer d'un simple terminal permettant d'afficher des textes et des images, à celui d'un véritable socle de client riche. Basée sur des standards, la technologie de client riche internet (RIA) XUL de Mozilla pourrait alors prendre son essor face aux alternatives propriétaires de Microsoft (.NET), Adobe (Flex) et Java (Eclipse RCP, NetBeans RCP, etc.). D'une part, parce qu'elle repose sur des standards, et d'autre part, parce que le navigateur comblerait alors ses lacunes : cache local de données, etc. D'ailleurs,
Avec une gestion des "extensions" particulièrement efficace, Firefox pourrait, à terme, s'enrichir au fur et à mesure des besoins des utilisateurs, jusqu'à constituer un véritable bureau métier. D'ailleurs, nul doute qu'à l'image de Linux et Eclipse, des éditeurs proposeront des versions packagées de Firefox et de nombreuses extensions pour répondre à des besoins spécifiques. Sous la pression du marché, le W3C sera donc contraint de redéfinir le concept de navigateur "car personne ne souhaite qu'Apple, Mozilla et Opera dessinent seuls le web de demain", note Jérémy Chatard. Si le W3C ne monte pas rapidement au créneau, le web pourrait connaître à nouveau les mêmes dérives que lors de la guerre entre Netscape et Microsoft. "La cacophonie est déjà telle que plus personne n'attend vraiment d'améliorations à HTML, excepté peut-être une meilleure intégration d'Ajax", résume Sami Jaber. L'engagement de Microsoft dans l'un ou l'autre des projets sera donc déterminant.
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