APPLICATIONS
Travail collaboratif : des alternatives à Microsoft et IBM de plus en plus crédibles
Les entreprises souhaitant déployer une solution de travail collaboratif pour un coût inférieur à celui d'Exchange ou de Lotus Domino ont désormais le choix entre différents produits dont les fonctions dépassent largement celles d'une simple messagerie.
En matière de travail collaboratif, le marché est dominé par Microsoft (avec Exchange) et son dauphin immédiat IBM (Lotus Domino). Rebutées par le coût ou la lourdeur de mise en oeuvre de ces produits, nombre de PME se contentent de simples serveurs SMTP/POP3 ou de messageries hébergées. Mais au-delà de la fonction de base qu'est le courrier électronique, un nombre croissant de petites structures souhaitent partager un agenda, une liste de contacts, des dossiers ou un outil de gestion des tâches. Des éditeurs comme IPSwitch ou Oxyan se sont placés sur ce créneau. De son côté, IBM décline son produit dans une version PME baptisée Lotus Domino Messaging Express. Quant à Lotus Workplace Messaging, très bon marché, il ne va guère au-delà du simple serveur de messagerie.
Des coûts inférieurs, mais des offres encore jeunes
Depuis un an, on assiste également à l'émergence de projets dans le monde du logiciel libre. Les principaux se nomment OpenGroupware.org et eGroupware. Ils reposent sur un serveur de messagerie libre, un système de gestion de base de données (SGBD), un serveur Apache (pour l'accès en mode Webmail) et des fonctions collaboratives qui constituent leur véritable valeur ajoutée. "Bien qu'il s'agisse de véritables alternatives à Exchange, ces projets restent encore, de par leur jeunesse, handicapés par un marché qui doit mûrir", affirme Fabien Vallon (photo), consultant chez Alcôve.
Ces offres n'atteignent certes pas toute la riche fonctionnelle d'Exchange. Mais même leurs lacunes sont présentées comme des arguments. "Le produit de Microsoft n'est bien souvent utilisé qu'à 40 % de son potentiel. Notre offre étant plus simple, les entreprises en exploiteront couramment au moins 60 %", avance Loïc Triger, directeur commercial Europe du Sud chez IPSwitch. D'autres arguments plus convaincants sont liés à l'intégration d'Outlook, à la facilité de mise en oeuvre, à l'intégration de fonctions de sécurité et surtout au coût, au moins 50 % inférieur à celui d'Exchange.
Une intégration maximum avec Outlook
Pratiquement tous les produits jouent la carte de l'intégration avec Outlook qui est désormais présenté comme le client par défaut, même lorsqu'un produit propriétaire reste proposé. Le logiciel de Microsoft ne se limite alors pas au simple accès à la messagerie. "Outlook permet aussi de consulter l'agenda, les dossiers, les tâches et l'annuaire partagés, ce qui permet d'éviter de perturber l'utilisateur", explique Pierre Bellier (photo), président Oxyan Software. Les logiciels libres supportent également Outlook mais via des connecteurs payants. "Pour des questions de licences, l'avenir des projets OpenGroupware.org et eGroupware se situe probablement dans des logiciels spécifiques", estime Fabien Vallon.
Une mise en oeuvre simplifiée, des fonctions de sécurité intégrées
IPSwitch et Oxyan ont réalisé d'importants efforts au niveau de la facilité de mise en oeuvre. L'installation et la configuration s'effectuent en quelques dizaines de minutes et les fonctions d'administration sont à la portée de tous. En revanche, les logiciels libres sont plutôt délicats à mettre en oeuvre, dans la mesure où ils requièrent l'installation, l'intégration et la configuration de briques fournies séparément.
Les offres d'Oxyan, IPSwitch et Novell incluent en standard - via des accords avec des spécialistes - des solutions anti-spam et antivirus. Oxyan va même jusqu'à incorporer des fonctions de firewall, de filtrage d'URL et de détection d'intrusion. Un tel niveau d'intégration n'intéressera toutefois que les plus petites PME. "Pour les plus grosses structures, nous proposons une version dénuée de fonctions de sécurité", précise Pierre Bellier (Oxyan).
Panorama des offres
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