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WikiLeaks fait trembler le cloud computing
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En quelques jours, l’affaire WikiLeaks a jeté une vague de doutes sur la sécurité du cloud computing et sur la neutralité des opérateurs de nuages informatiques. |
Tout a commencé il y a quelques jours aux États-Unis. En diffusant 251 287 documents ultra-secrets provenant d'échanges diplomatiques, le site WikiLeaks.org s'est attiré les foudres de l'administration américaine qui a fait pression sur son hébergeur. Après plusieurs attaques par déni de service (DoS) Amazon a mis fin au contrat de WikiLeaks. Idem pour l'hébergeur de son nom de domaine : EveryDNS.net. WikiLeaks s'est donc réfugié en Europe, et pour la France sur les serveurs d'OVH. Aujourd'hui, le ministre de l'Economie et de l'industrie, Eric Besson, fait pression sur l'hébergeur français pour qu'il cesse d'héberger WikiLeaks et la banque suisse PostFinance vient de fermer le compte bancaire permettant à WikiLeaks de recueillir des dons en ligne.
Au-delà des révélations publiées par le site, cette "affaire" pose deux questions fondamentales sur le cloud computing. Premièrement, la sécurisation des nuages informatiques est-elle suffisante ? (notre article : la sécurité est un frein à l'adoption du cloud computing) En d'autres termes, l'attaque des serveurs d'Amazon et d'EveryDNS.net aurait-elle impacté les autres clients de ces opérateurs de cloud computing s'ils n'avaient pas mis fin au contrat de WikiLeaks ? Évidemment, aucune information ne filtre pour le moment. Une seule certitude demeure, le système DNS (Domain Name Server) est trop centralisé et représente donc un maillon faible en termes de sécurité.
Deuxième question, les opérateurs de nuages informatiques ont-ils légalement le droit de mettre fin à un contrat comme bon leur semble ? Dit autrement : une entreprise peut-elle se retrouver du jour au lendemain sans nom de domaine et sans site web parce que son activité dérange l'opérateur du nuage informatique qui l'héberge ou le fournisseur de nom de domaine ? "Compte tenu des dernières déclarations politiques, et de pressions qui commencent réellement à se sentir, nous avons décidé de saisir le juge en référé afin qu'il se prononce sur la légalité ou pas de ce site sur le territoire français. Ce n'est pas au monde politique ni à OVH de demander ou de décider la fermeture ou pas d'un site mais à la justice" indique Octave Klaba, le PDG d'OVH. Cette deuxième question sera donc bientôt tranchée.
En attendant, l'affaire WikiLeaks donne raison aux entreprises qui, dans leur vaste majorité, sont encore réticentes à utiliser un nuage public tant que la sécurité de leurs données et la neutralité des opérateurs ne seront pas garanties contractuellement. Elles peuvent alors s'orienter vers un cloud privé (opéré par son propre service informatique) ou un cloud hybride (notre dossier cloud computing)
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