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Par
David Thévenon


16/10/2002

Développement offshore : 20 à 50 % d'économies potentielles

Malgré de nombreux atouts, le développement offshore a du mal à décoller dans les PME françaises. Une situation qui s´explique avant tout par des blocages culturels et méthodologiques. Quelques pionniers ont pourtant tenté l´expérience avec succès.

Selon IDC, les entreprises américaines ont confié 60 % de leurs développements à des prestataires étrangers en 2001. En France, seulement 5 % des entreprises pratiquent ce type de délégation. Et pourtant, l´offshore - développement d´applications logicielles au forfait à l´étranger - possède de sérieux atouts à la fois en terme de qualité et d´économies potentielles. "L´offshore n´est pas très bien compris en France. Le coeur du problème n´est pas d´externaliser, mais de passer de la régie au développement au forfait, ce que pratiquent encore peu les entreprises françaises", analyse Pierre Méchentel (photo), directeur général de Tubbydev qui a vécu 6 ans en Russie et a commencé à faire de l´offshore à partir de ce pays en 1997.

La "location" d´informaticiens est facturée en moyenne 400 euros par jour en France contre un forfait avec une obligation de résultat à partir de 150 euros par jour pour le développement offshore. Sur un plan financier, les économies potentielles de l´offshore se résument donc entre 20 et 50 % du coût d´un projet.

Une première expérience très positive

"Entre la complexité croissante des technologies et leur manque de ressources, les PME ont tout intérêt à s´essayer au développement offshore. C´est une approche qui fonctionne particulièrement bien pour les projets au forfait, la maintenance, et les migrations vers de nouvelles technologies", estime Jean-Yves Hardy (photo), PDG de Valtech. Conseil en immobilier d´entreprises, Mobilitis a tout de la petite structure. "Notre première expérience est extrêmement positive : les échanges sont parfaitement transparents, les intervenants sont vifs, notre plate-forme est opérationnelle et compétitive. Nous intégrons désormais l´offshore dans notre gestion de projet", résume Pierre-André D´ornano, président de la société.

Une expertise technique bon marché mais qu'il faut encadrer

Pour Matthieu Neukirch, d´Azentis Technology, "l´offshore permet de disposer de plus d´expertise à coût égal". L´Inde deviendra bientôt le premier pays au monde en nombre de sociétés certifiées SEI-CMM et ISO 9000. Chaque année, plus de 60 000 ingénieurs y sont formés. D´autres pays possèdent des avantages culturels : l´ensemble des informaticiens que compte le Maroc sont par exemple francophones. "Les développements sont confiés principalement à des ingénieurs, un personnel extrêmement qualifié et adaptable aux spécificités du client. Résultat : 90 % des projets sont réalisés dans les délais impartis", résume Anwar Guerch, directeur des opérations Europe d´Argaze.A part l´Inde qui possède un savoir faire vieux de plus de dix ans, le principal risque des développements offshore est le manque d´expérience méthodologique. "Il ne faut pas non plus négliger l´impact des différences culturelles et sémantiques", ajoute Pierre Méchentel. Un des facteurs clés de ces projets est selon lui de disposer de chefs de projet français qui maîtrisent parfaitement la culture des développeurs étrangers et les connaissances métier du client. Une méthodologie adaptée - basée dans 95 % des cas sur une approche itérative - telle que Rational Unified Process (RUP) permet alors d´éviter les dépassements de délais et les mauvaises surprises liées aux incompréhensions.

Le poids de la méthodologie dans la réussite des développements offshore explique certainement le retard des entreprises françaises par rapport à leurs homologues américaines. Toujours est-il qu´Infosys - première société indienne cotée au Nasdaq - prévoit de réaliser 5 % de son chiffre d´affaires en France cette année avec des clients tels que Airbus, Valeo et Axa.


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